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Chanu. Il était venu chercher une réduction de peine en appel à Caen…... |
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L’affaire a été examinée par la cour d’appel de Caen (photo d’illustration). © Archives Ouest-France
En ce mercredi 25 novembre 2020, journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, la cour d’appel de Caen a examiné un dossier de violence conjugale.
La présidente est directe. « Lorsque vous entendez parler à la télévision de violence conjugale, est-ce que vous vous sentez concerné ? » L’homme de 38 ans qui a passé près de quatorze ans de sa vie derrière les barreaux répond : « Oui, un petit peu quand même ».
Sa dernière condamnation parmi les 24 de son casier judiciaire date du 14 juillet et est, pour la huitième fois, en lien avec des faits de violence. Le 13 juillet alors qu’il est sorti de prison dix jours auparavant, il s’alcoolise massivement au cours de la soirée et, de retour chez lui à Chanu, dans l’Orne, frappe sa conjointe sur le corps et le visage, avec notamment un manche à balai.
Deux des enfants du couple, âgés de 11 et 13 ans, sont témoins de la scène, le plus grand, en s’interposant reçoit une gifle de son père. La victime présente plusieurs plaies et ecchymoses qui lui valent sept jours ITT.
Un problème avec l’alcool
« Je suis pas méchant mais j’ai un problème avec l’alcool. Je regrette et j’ai honte, je voudrais reprendre ma vie en main, rester avec ma femme » déclare le prévenu.
Une histoire triste qui n’évolue pas. « Ce n’est pas un mauvais bougre quand il n’est pas alcoolisé. Il est capable de regrets et a des mots sincères vis-à -vis de sa compagne dont il dit que c’est elle qui l’aide à tenir, admet l’avocat général. Mais c’est une histoire triste car depuis vingt ans, elle n’évolue pas. » Selon lui, la peine de deux ans d’emprisonnement avec mandat de dépôt prononcée en première instance par le tribunal d’Argentan alors que le parquet en avait requis quatre n’est pas usurpée.
« Si j’avais besoin de dire que la prison ne sert à rien, il me suffirait de donner l’exemple de mon client, déplore son avocat qui pense qu’aujourd’hui, il y a une réelle prise de conscience et que ce serait le moment de lui prodiguer des soins plutôt que de l’enfermer une énième fois. »
La cour aura dans sa délibération tenu compte des deux points de vue en le condamnant à trente mois d’emprisonnement dont six avec sursis probatoire de deux ans (soit les mêmes deux ans qu’en première instance) comprenant un suivi supplémentaire avec une obligation de soins, de travail et de suivre un stage sur les violences conjugales.