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Comment parler enjeux climatiques aux étudiants ? « On doit les préparer à savoir s’adapter »... |
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La clef pour sensibiliser les étudiants aux enjeux climatiques, « c’est la façon dont ils vont réfléchir au sujet », estime Bénoni Paumier, intervenant dans l’enseignement supérieur. © Ouest-France
De nombreuses écoles de commerce, management et ingénieurs ont intégré des enseignements autour des limites planétaires dans leurs programmes. Retour d’expérience avec un formateur.
Bénoni Paumier, 30 ans, est depuis quelques années intervenant dans des écoles d’ingénieurs, de management ou d’informatique où il sensibilise aux enjeux du changement climatique.
Comment parler de sujets environnementaux en école ?
Le problème fondamental, c’est que les étudiants se retrouvent dans une sorte de tension car ils sont dans une formation avec une projection sur l’avenir. Quand on vient parler des limites planétaires, ça revient à dire à pas mal d’entre eux : peut-être que votre métier disparaîtra à l’avenir ou qu’il viendra aggraver le problème. Vous êtes formés à un métier où vous allez développer de nouvelles choses, et on vous dit que la seule voie c’est la sobriété.

Bénoni Paumier, intervenant sur les enjeux environnementaux dans l’enseignement supérieur, dans son bureau de Briouze (Orne). Ouest-France
Comment faire pour qu’ils participent ?
Il faut prendre en compte l’attention limitée des étudiants. La Fresque du climat est un bon outil pour aborder le changement climatique, mais aussi pour le format pédagogique qui tranche avec le côté « descendant », dont les étudiants ont marre. Il y a une révolution à faire sur les formats, mais il faut être humble sur le format idéal. Je privilégie ceux à travers lesquels on fait passer de l’enseignement et crée de la discussion. J’utilise aussi du théâtre d’improvisation pour qu’ils bougent et expriment une émotion. La clef, c’est la façon dont ils vont réfléchir au sujet.
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Comment faire passer le message ?
Il n’y a pas de vérité absolue, mais il vaut mieux une tête bien faite qu’une tête bien pleine : la connaissance est accessible sur internet et l’IA qui arrive va encore tout bouleverser. On doit préparer les étudiants à savoir s’adapter, chercher l’information et coopérer, faire face à l’altérité, montrer de l’empathie… Je finis mes interventions en disant : il est essentiel de regarder les choses en face, ne pas faire l’autruche, parce que tout change très vite. Le monde de demain ne ressemblera pas à celui d’aujourd’hui.