|
Des violences conjugales sur fond d’alcool à Athis-Val-de-Rouvre, deux mois ferme pour le prévenu... |
1
L’avocat du prévenu a essayé de démontrer que cette nouvelle affaire de violences conjugales, était avant tout due à une « relation toxique ». © Archives Ouest-France
Une énième affaire de violences conjugales, avec les deux membres du couple, alcoolisés : tel était la nouvelle affaire qui était jugée, mardi 9 avril 2024, au tribunal d’Argentan.
« Vous êtes en récidive. À quel moment vous allez réfléchir ? » : dès le début de l’audience, la présidente du tribunal d’Argentan (Orne) n’a pas mâché ses mots, en s’adressant au prévenu. Cet homme de 63 ans comparaissait, mardi 9 avril 2024, pour des faits de violences conjugales sur sa femme, à Athis-Val-de-Rouvre.
« Vous êtes en couple depuis quinze ans. Il y a eu de nombreuses séparations, avec même un divorce en 2021. Votre épouse a contacté les services de secours d’Alençon, le 1er novembre 2023, pour faire constater des rougeurs sur l’un de ses avant-bras. Vous étiez tous les deux alcoolisés. »
Lire aussi : trois affaires de viols ou de violences en ouverture de la cour d’assises du Calvados.
Relation toxique ?
Le prévenu n’a pas caché s’être bien alcoolisé, toute la journée. « Le soir, le ton est vite monté, vu qu’elle était aussi alcoolisée. » Concernant les violences commises sur sa femme. « Oui, elles ont recommencé comme fin 2021. Sans alcool, j’arrive à la supporter. Mais je suis frustré. » Pour lui, le mauvais caractère de sa femme est lié au fait qu’elle soit « Gémeaux. Elle est soupe au lait. »
Après avoir rappelé le casier judiciaire « bien fourni » du prévenu, la présidente lui a rappelé qu’il était « suivi par une psychologue et une addictologue. J’ai aussi fait un stage de sensibilisation sur les violences faites aux femmes. » Et la présidente de lui rétorquer. « Manifestement, cela n’a pas suffi ! »
Son avocat a plaidé, en reconnaissant que son client était « dans une spirale de consommation alcoolique. Mais il n’y a que deux infractions liées à ce sujet. Il est surtout dans une relation toxique avec madame. Pendant plus d’un an, il vivait au RSA. Il a pu récupérer ses 1 000 € de pension de retraite. Mais je ne plaide pas la relaxe. »
Pour le procureur, « On est typiquement dans un dossier de violences conjugales. madame est atteinte psychologiquement. Je requiers huit mois d’emprisonnement, dont six mois assortis d’un sursis de deux ans. Et une obligation de soins. Je n’ai pas de difficulté à ce qu’il purge sa peine à domicile. »
La présidente a entièrement suivi ces réquisitions.