Accueil Info Info en continu Disparitions, meurtres : quatre femmes et quatre affaires judiciaires qui ont marqué l’Orne en 2022

Disparitions, meurtres : quatre femmes et quatre affaires judiciaires qui ont marqué l’Orne en 2022

...
photo  la disparition de marlaine marquis, en 1989, a mobilisé les gendarmes en 2022.  ©  ouest-france 9

La disparition de Marlaine Marquis, en 1989, a mobilisé les gendarmes en 2022. © Ouest-France

L’année 2022 a été une année marquée par les affaires judiciaires, dans l’Orne. Les enquêtes ouvertes pour la disparition de Marlaine Marquis et celle d’Albertine Haye, ainsi que pour le meurtre de Claudine Catroux et celui de Laura Tavares (dont la reconstitution s’est tenue en avril), ont mobilisé les services judiciaires, de police et de gendarmerie.

Nous avons bloqué l’affichage de ce contenu pour respecter vos choix en matière de cookies.
En cliquant sur «Consulter», vous acceptez le dépôt de cookies par des services de contenus vidéo et audio

Marlaine Marquis a disparu en 1989, à La Chapelle-Souëf. Claudine Catroux a perdu la vie, il y a quelques jours, à Valframbert. Albertine Haye est vraisemblablement décédée depuis plusieurs années, à Bretoncelles. Laura Tavares a été tuée en janvier 2021. Toutes les quatre ont marqué l’année 2022 dans l’Orne. Les affaires judiciaires de leurs disparitions respectives se sont nouées et dénouées, cette année, dans l’Orne. Sur les quatre enquêtes ouvertes, trois sont des féminicides présumés.

Marlaine Marquis a disparu en 1989

Elle s’appelait Marlaine Marquis. Elle a disparu en octobre 1989. Cet automne-là, Marlaine a 23 ans ; son conjoint et père de ses enfants, 29. Leur fille, Victoria Delaunay, a 6 mois ; son frère Valentin, 3 ans. La famille vit dans une maison de La Chapelle-Souëf.

À la même époque, Marlaine entretient une relation extraconjugale avec un autre homme, qui se fait surnommer Mexico. C’est le temps des bals, « c’est comme ça qu’on s’est rencontrés, avec Marlaine », raconte Mexico , trente-trois ans après. Durant trois semaines, les deux amants mènent leur idylle au grand jour. La mère de famille lui écrit une lettre : « Elle y disait qu’elle voulait venir vivre avec moi à Bellême et s’installer avec les mômes. »

Mais du jour au lendemain, Marlaine Marquis disparaît. Une nuit d’octobre, selon ses propres aveux recueillis en mai 2022, son conjoint l’aurait étranglée, avec le fil du téléphone fixe, dans le lit conjugal.

Lire aussi : « J’ai honte et je m’en veux » : 33 ans après les faits, il avoue le meurtre de sa femme et témoigne

photo c’est dans cette maison de la chapelle-souëf que marlaine marquis aurait été tuée en octobre 1989.  ©  ouest-france

C’est dans cette maison de La Chapelle-Souëf que Marlaine Marquis aurait été tuée en octobre 1989. Ouest-France

Personne ne s’inquiète de la disparition de la jeune femme. À ses enfants, encore petits, le père ne dit rien. Aux proches, il explique qu’elle a tout plaqué pour un homme. « Du jour au lendemain, le prénom de Marlaine a été banni. La seule fois où j’ai demandé où elle était, mon père m’a collé une tarte », témoigne une des sœurs de Marlaine. Les familles se contentent de la version du conjoint. Et quand une semaine plus tard, Mexico décide de rendre visite à Marlaine, « deux costauds m’ont dit de partir fissa. Je me suis pas fait prier. »

Toujours selon ses dires, le conjoint dépose le corps de Marlaine dans une marnière, sorte de cavité naturelle, dans le Perche. « Je suis revenu huit jours plus tard, pour cacher le corps en jetant des plaques de tôles par-dessus », raconte-t-il encore. Au fil du temps, le trou est rebouché. Et l’histoire enfouie à jamais. Ou presque.

Lui, garde le secret pendant une trentaine d’années. « Moi, j’ai grandi en pensant qu’elle allait revenir », témoigne Victoria, la fille de Marlaine, aujourd’hui trentenaire. Un jour de 2019, elle commence à poser des questions. Les réponses de son père en font naître d’autres. Au printemps 2022, son frère et elle poussent la porte de la gendarmerie de Bellême. Une enquête s’ouvre.

Lire aussi : TÉMOIGNAGE. « J’attends de pouvoir lui donner une sépulture » : la fille de Marlaine Marquis parle

Leur père, placé en garde à vue, avoue rapidement avoir tué Marlaine. « À ce moment-là, je savais, quelque part, qu’elle n’allait pas revenir. Les aveux de papa ont été un soulagement. Aussi bien pour lui que pour moi », raconte Victoria. Le père est mis en examen pour enlèvement et séquestration et placé sous contrôle judiciaire.

photo la justice a mis des moyens importants pour les fouilles devant permettre de retrouver le corps de marlaine marquis.  ©  ouest-france

La justice a mis des moyens importants pour les fouilles devant permettre de retrouver le corps de Marlaine Marquis. Ouest-France

Des fouilles sont alors organisées, fin juin, dans le champ qu’il a indiqué, à La Chapelle-Souëf, petit village de 250 habitants peu habitué à cette agitation, pour retrouver le corps de la jeune femme. La justice met les moyens. Deux zones sont explorées par quarante militaires, parmi lesquels des spéléologues, chargés de sonder le terrain. Sans résultat.

Lire aussi : REPORTAGE. À La Chapelle-Souëf, un meurtre dont personne ne veut entendre parler

photo le petit village de la chapelle-souëf a vu arriver les gendarmes en nombre, lors des deux sessions de fouilles.  ©  ouest-france

Le petit village de La Chapelle-Souëf a vu arriver les gendarmes en nombre, lors des deux sessions de fouilles. Ouest-France

Une seconde session de fouilles a lieu, mi-novembre 2022. « L’opération de la dernière chance », selon une source proche de l’enquête. « Notre seul but, c’est de pouvoir donner une sépulture à ma mère », espérait Victoria. Mais là encore, malgré les moyens humains et matériels, les deux jours de fouilles n’aboutissent pas.

Ni les enfants ni la famille de la disparue, ne se sont portés partie civile dans cette affaire. « Les enfants m’ont dit qu’ils ne m’en voulaient pas », témoigne l’ex-conjoint de Marlaine. Sa fille confirme : « Cela ne changera en rien nos relations. C’est mon père. » Il reviendra donc aux magistrats de voir quelles suites donner à cette affaire.

Claudine Catroux, vraisemblablement tuée par son mari fin décembre

Claudine Catroux, 65 ans, a perdu la vie lundi 26 décembre 2022, au lendemain de Noël, dans la maison qu’elle partageait depuis une trentaine d’années avec son conjoint, dans un quartier calme de Valframbert, près d’Alençon. Elle a vraisemblablement été tuée par son mari, Philippe Catroux, âgé de 66 ans. Celui-ci s’est ensuite suicidé.

photo le couple claudine et philippe catroux a été retrouvé mort fin décembre 2022, à valframbert. le second aurait tué la première avant de se suicider.  ©  ouest-france

Le couple Claudine et Philippe Catroux a été retrouvé mort fin décembre 2022, à Valframbert. Le second aurait tué la première avant de se suicider. Ouest-France

Claudine Catroux travaillait en tant qu’aide ménagère dans les entreprises, pour compléter sa retraite. « Ils étaient très actifs, elle marchait beaucoup tandis que lui bricolait », raconte une résidente.

La sexagénaire était en train de rompre avec son mari. « Il lui aurait fait vivre un calvaire depuis trois ans, en contrôlant, ses sorties pour aller faire les courses », confie l’un des voisins. Selon nos informations, elle avait prévu de s’installer début janvier dans un appartement, à Alençon. Et aurait déposé des affaires personnelles au domicile de sa voisine, pour faciliter son départ.

Lire aussi : Emprise, « coup préparé »… Que s’est-il passé au sein du couple retrouvé mort dans l’Orne ?

photo les corps du couple ont été retrouvés dans leur domicile.  ©  ouest-france

Les corps du couple ont été retrouvés dans leur domicile. Ouest-France

Ne supportant pas cette rupture, son mari l’aurait tuée, lundi 26 décembre 2022, lui assénant « au moins cinq coups de couteau », sur le haut du corps, selon une source proche de l’enquête. L’autopsie révèle des plaies sur les avant-bras de la retraitée, laissant entendre « qu’elle s’est défendue ». L’enquête a été ouverte par le parquet d’Alençon au titre d’homicide par conjoint, supposant donc un féminicide suivi d’un suicide.

Albertine Haye, nonagénaire dont la mort a été dissimulée

On ne sait pas la date exacte de la mort d’Albertine Haye. Début juillet 2022, en pleine canicule, le maire de Bretoncelles veut contacter toutes les personnes âgées de plus de 90 ans de la commune. « Il me manquait le numéro d’Albertine Haye, alors j’ai demandé à ses proches. Ils m’ont assuré qu’elle allait bien. »

Tout de même suspicieux, il décide de placer du ruban adhésif sur la porte du domicile d’Albertine, supposément nonagénaire, au lieu-dit La-Booz pour vérifier s’il y a du passage. Huit jours plus tard, voyant que rien n’a bougé, il contacte la gendarmerie.

Mardi 30 août, la brigade criminelle de la gendarmerie découvre les restes d’un corps à son domicile. Vraisemblablement le sien. Les restes sont en effet trouvés dans son lit, cachés sous ses draps, dans un état de décomposition très avancé. « On peut estimer que le décès remonte à cinq à dix ans environ », assure une source proche du dossier.

photo le domicile d’albertine haye, à bretoncelles, était envahi par a végétation quand les gendarmes ont voulu y pénétrer.  ©  ouest-france

Le domicile d’Albertine Haye, à Bretoncelles, était envahi par a végétation quand les gendarmes ont voulu y pénétrer. Ouest-France

Albertine Haye a toujours vécu dans la commune. « Elle n’avait pas été vue physiquement depuis plus de huit ans », confirme la procureure d’Alençon, mi-septembre. Sa ligne téléphonique était coupée depuis 2014.

Le fils d’Albertine, entendu par les gendarmes fin août, avoue finalement avoir retrouvé sa mère morte dans son lit, il y a de cela plusieurs années. Mais n’a jamais déclaré son décès. Depuis plusieurs années, il continuait à apporter des courses à sa mère et à vider les poubelles. « On le voyait passer dans le hameau avec son véhicule, impossible de le louper », assure une voisine.

Les investigations judiciaires ont permis de mettre au jour des manipulations bancaires sur les comptes d’Albertine Haye. Hospitalisé depuis la découverte du corps de sa mère, son fils est mort début octobre, à l’hôpital de Chartres (Eure-et-Loir).

La reconstitution du meurtre de Laura Tavares, tuée en janvier 2021

Laura Tavares est morte en janvier 2021. En 2022, c’est la reconstitution de son meurtre qui a mobilisé la justice. Le 14 janvier 2021, l’apprentie coiffeuse de 22 ans rentre déjeuner chez elle, rue Saint-Blaise, à Alençon. Sur le palier entre le deuxième et le troisième étage, Evan Jean, son ex-compagnon de 21 ans, l’attend, vraisemblablement caché dans les toilettes de l’immeuble. « Je lui avais ouvert la porte la veille au soir », se rappelle Jean-Pierre, l’unique voisin de Laura. Lorsqu’elle monte les escaliers, Evan Jean la rejoint dans son petit logement, au troisième et dernier étage. Une dispute éclate. Laura reçoit entre huit et dix coups de marteau sur le crâne, ainsi qu’un coup de couteau dans la région du cœur.

photo la reconstitution du meurtre de laura tavares a eu lieu en avril 2022.  ©  ouest-france

La reconstitution du meurtre de Laura Tavares a eu lieu en avril 2022. Ouest-France

Lire aussi : Meurtre de Laura Tavares à Alençon : le récit des dernières heures de la jeune femme avant le crime

Le lendemain, son corps est découvert. Deux jours après les faits, Evan Jean pousse la porte du commissariat d’Alençon pour s’accuser du crime. Il reconnaît avoir tué Laura Tavares et s’être débarrassé des armes du crime en forêt, près d’Almenêches, à une quarantaine de kilomètres d’Alençon.

Un an et trois mois après les faits, en avril 2022, une reconstitution était organisée, rue Saint-Blaise. Extrait de sa cellule de la maison d’arrêt de Coulaines, près du Mans (Sarthe), le jeune homme, mis en examen pour assassinat, revenait pour la première fois sur les lieux du crime.

Mais au troisième étage, alors que les acteurs de l’opération judiciaire attendaient de lui qu’il reproduise les coups reçus par la victime sur un mannequin la représentant, il a refusé.

Selon nos informations, il aurait expliqué l’avoir frappée très vite après être entré dans son logement. Le peu d’éléments qu’il a fournis corroborerait le fait que le crime était prémédité.

photo evan jean, seul suspect du meurtre de laura tavares, a refusé de mimer les gestes du crime.  ©  martin roche / ouest-france

Evan Jean, seul suspect du meurtre de Laura Tavares, a refusé de mimer les gestes du crime. Martin Roche / Ouest-France

Evan Jean est toujours incarcéré à la prison de Coulaines. Il y restera désormais jusqu’à son procès devant la cour d’assises, qui devrait avoir lieu en 2023. Il risque la réclusion criminelle à perpétuité.

En 2021, 122 femmes ont été tuées en France sous les coups de leur conjoint ou de leur ex-conjoint, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur.

 
Nous avons bloqué l’affichage de ce contenu pour respecter vos choix en matière de cookies.
En cliquant sur «Consulter», vous acceptez le dépôt de cookies par des services de contenus vidéo et audio
Nous avons bloqué l’affichage de ce contenu pour respecter vos choix en matière de cookies.
En cliquant sur «Consulter», vous acceptez le dépôt de cookies par des services de contenus vidéo et audio
Nous avons bloqué l’affichage de ce contenu pour respecter vos choix en matière de cookies.
En cliquant sur «Consulter», vous acceptez le dépôt de cookies par des services de contenus vidéo et audio
Soliane COLAS.    Ouest-France  

Retrouvez d'autres actus sur les communes de :

  • merci d'indiquer un nom de film
    merci d'indiquer un titre'
    • Choisir un resto :
    merci d'indiquer un nom de restaurant

    merci de saisir l'adresse du restaurant
    merci de saisir la ville du restaurant

    • Choisir un bar :
    merci d'indiquer un nom de bar

    merci de saisir l'adresse du bar
    merci de saisir la ville du bar

    merci d'indiquer un titre à votre avis
  •  
  • merci d'indiquer un contenu à votre avis
    merci de saisir une note
    L'accueil / la qualité du service
    merci d'indiquer une note pour l'accueil

    L'ambiance / le décor

    merci d'indiquer une note pour l'ambiance

    Le rapport qualité / prix

    merci d'indiquer une note pour le prix
  • Vos données personnelles font l’objet d’un traitement informatique par la société Additi Multimedia, sur le fondement de l'exécution d'un contrat et sont utilisées notamment pour prendre en compte, modérer et répondre à vos commentaires sur les contenus mis en ligne sur le site. Elles seront conservées conformément à notre politique de données personnelles, sauf dispositions légales particulières. Vous disposez d’un droit d’accès, de rectification, d’opposition, de limitation et de portabilité, en vous adressant directement à pdp@sipa.ouest-france.fr ou par courrier à "Délégué à la Protection des Données Personnelles SIPA Additi Multimedia - ZI Rennes Sud-Est,– 10 rue du Breil – 35051 Rennes cedex 9". Vous avez également le droit d’introduire une réclamation auprès de la CNIL. En savoir plus
Newsletter maville

Abonnez-vous à la newsletter - Alençon

Votre e-mail, avec votre consentement, est utilisé par la société Additi Com pour recevoir les newsletters sélectionnées. En savoir plus

Exprimez-vous !

Sondage. Suivez-vous les jeux olympiques d'hiver 2026 ? 11
Réagir

L'info en continu

Quiz et jeux

Retour en haut