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Domfront-en-Poiraie. Des architectes inspectent les ruines du château... |
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Les vestiges du château de Domfront-en-Poiraie, dans l’Orne. © Archives Stéphane Geufroi
Dans le cadre de la valorisation du patrimoine médiéval de la ville, des architectes du patrimoine sont venus constater l’état des vestiges du château de Domfront, démantelé en 1610.
Des architectes sont venus examiner les vestiges du château de Domfront-en-Poiraie, début mars 2021.
Que viennent faire des architectes sur un site médiéval ?
Dans le cadre du projet qui vise à faire de Domfront-en-Poiraie (Orne) une place forte du tourisme médiéval normand, l’agence 1090 Architectes, basée à Paris et à Rennes, est venue début mars faire un état des lieux des vestiges du château. Ce dernier, démantelé en 1610 à coups de poudre noire sur ordre d’Henri IV, n’a pas vraiment changé de visage depuis sa démolition. « Notre intérêt, c’est de comprendre ce vestige : comment il est construit, à quoi correspond chacune de ses parties et dans quel état il est pour envisager une restauration », explique Édouard Ladune, de l’agence rennaise. Entre 130 000 et 150 000 visiteurs par an sont attendus.
Dans quel état sont les vestiges ?
Les vestiges ne sont pas tous dans le même état – certains n’ont pas été restaurés depuis la fin du XIXe siècle. « Le donjon, même s’il a l’air solide comme ça, se dégrade peu à peu, explique Édouard Ladune. L’aula, les quelques bouts de mur au milieu de la pelouse qui sont les vestiges d’un bâtiment, sans doute de réception, sont extrêmement dégradés ; ils risquent de disparaître à moyen terme. Les vestiges en meilleur état sont ceux de la chapelle, qui ont été restaurés. »
Qu’y a-t-il encore à découvrir ?
Les architectes du patrimoine ont dû faire des recherches poussées pour comprendre l’authenticité des différentes parties du château, en tenant compte des personnes passées avant eux. « Pour le commun des mortels, les ruines qu’on trouve au château sont difficilement lisibles, admet Édouard Ladune. C’est en creusant un peu dans les archives et par les investigations sur place qu’on a fini par comprendre un peu comment toutes les choses sur le site s’articulaient. Il reste encore énormément de choses à découvrir, notamment dans le sous-sol. »
Comment rendre lisible des vestiges comme celui-ci ?
« L’idée, dans notre étude, est de comprendre quel est le dialogue entre chacun des vestiges : le donjon, le rempart qui ferme le château sur la ville et la chapelle. Avec ces informations, il sera possible de proposer un parcours aux visiteurs qui permettra d’appréhender ce dialogue. » Des éléments d’architecture et de design contemporains devront mettre en lumière le patrimoine médiéval. Dans le parc, sept espaces distincts permettront d’appréhender des thématiques clés de l’histoire domfrontaise (Henri Ier Beauclerc, Plantagenêt, Montgommery, etc).
Quelle suite au passage des architectes ?
« En rendant notre diagnostic, nous allons classer les vestiges par état de dégradation et degré d’urgence dans la restauration, afin de mettre en place un programme de travaux, pour éviter que les vestiges ne se dégradent » , informe Édouard Ladune. Mais le travail de l’agence 1090 Architectes devrait s’arrêter là : le projet de mise en valeur fera l’objet d’une autre étude. « On va faire des préconisations pour que le maître d’œuvre qui sera choisi puisse avoir des pistes pour réaliser son projet », conclut-il. Après les études des architectes, la restauration et les aménagements pourront avoir lieu.