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Elle alerte les secours en montagne… juste parce qu’elle a froid aux orteils... |
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Les gendarmes du peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM) de l’Ariège ont refusé d’intervenir. © Photo d’illustration : AFP
Les gendarmes du peloton de gendarmerie de haute montagne de l’Ariège ont été alertés par un message d’urgence envoyé par satellite, dimanche 9 novembre 2025. Une jeune femme semblait en détresse à 2 400 mètres d’altitude. Elle n’avait finalement que froid à un pied…
La technologie n’apporte pas que du progrès. Si les systèmes de messages d’urgence envoyés par satellite permettent de sauver des vies, ils ouvrent aussi la porte à quelques excès. Comme le rapporte France 3 Occitanie, les gendarmes du peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM) de l’Ariège ont reçu une alerte dimanche dernier, vers 17 h 30.
Selon le message, une jeune femme d’une vingtaine d’années était en difficulté dans le secteur du refuge du Rulhe, au-dessus d’Aston, à près de 2 400 mètres d’altitude. Les premières informations évoquaient une hypothermie. Les secours se sont immédiatement préparés à intervenir.
Une communication compliquée
En attendant, les gendarmes ont tenté d’entrer en contact avec la victime via le système satellitaire. Ils connaissaient sa position, mais faute de réseau, impossible d’échanger directement avec elle. « Le SMS d’alerte tombe sur des plateformes. Ce ne sont jamais les mêmes. Parfois elles sont situées au Canada, parfois aux États-Unis ou en Europe. Les messages nous sont ensuite transmis. C’est compliqué. On passe par la plateforme, on pose des questions et cette dernière renvoie des SMS via les satellites », explique le lieutenant Jean-Marc Galin.
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En réalité, la jeune femme ne souffrait pas d’hypothermie. Elle avait simplement… froid à un pied. Les secours ont donc annulé leur opération. « Le lendemain, je suis allé patrouiller dans le secteur où étaient les trois jeunes randonneurs et je les ai croisés alors qu’ils redescendaient. Je leur ai expliqué qu’il ne fallait pas déclencher une alerte pour ça. Ils ont compris le message », poursuit le lieutenant.
« On prend le risque de passer à côté d’une véritable urgence »
« Le problème, c’est qu’on est de plus en plus confrontés à des personnes qui n’ont pas les codes de la montagne. Pour eux, c’est un terrain de sport. Ils n’ont pas l’équipement nécessaire et ne se renseignent pas toujours sur les conditions climatiques. Si on intervient pour ce type d’alerte, on prend le risque de passer à côté d’une véritable urgence », ajoute-t-il.
Si les secours sont parfois appelés pour pas grand-chose, c’est peut-être aussi parce qu’ils sont gratuits en France. Un randonneur suisse en a récemment fait les frais : bloqué dans les Alpes, il avait été secouru par hélicoptère. Mais comme il n’était pas blessé, l’Assurance maladie a refusé de le rembourser. Le tribunal lui a donné tort et l’homme, insuffisamment préparé, a dû régler la facture : 4 128 francs suisses (environ 4 467 euros).