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EN IMAGES. Près d’Argentan : maroquinière, Catherine Ecobichon a le cuir dans le sang

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photo  catherine ecobichon examine une ceinture dont elle doit changer la boucle.  ©  ouest-france 7

Catherine Ecobichon examine une ceinture dont elle doit changer la boucle. © Ouest-France

Dans l’atelier d’un artisan. Catherine Ecobichon est maroquinière à Occagnes (Orne). Comme sa mère, elle est tombée sous le charme du travail du cuir.

« Peut-être que la maroquinerie était dans mes gènes, après avoir respiré le cuir pendant toute mon enfance… » s’interroge Catherine Ecobichon, assise à la table de son atelier d’Occagnes (Orne). Autour d’elle, une étagère pleine de bobines de fils multicolores ; une collection de ceintures en cuir pendant à un présentoir ; une cinquantaine de sacs à main bien rangés sur leur portant ; et une montagne de rouleaux de cuirs débordant d’une armoire.

Depuis l’âge de vingt ans, Catherine Ecobichon est maroquinière. Ce métier, elle est « née dedans » : sa maman le pratiquait aussi. Pourtant, jeune, l’artisane se destinait à devenir assistante sociale. Ne trouvant pas de travail après ses études, elle est venue aider sa mère à l’atelier. « Je me suis prise au jeu ! », sourit-elle.

photo catherine ecobichon utilise un gabarit en carton pour découper une pièce de cuir au bon format.  ©  ouest-france

Catherine Ecobichon utilise un gabarit en carton pour découper une pièce de cuir au bon format. Ouest-France

Salariée devenue indépendante

Pendant longtemps, la maroquinière exerce sa profession en tant que travailleuse à domicile. Cela lui permet de consacrer du temps à ses enfants tout en continuant à travailler. Payée à la pièce, elle cumule les patrons et travaille la nuit s’il le faut pour ne jamais avoir à refuser une commande.

photo catherine ecobichon sur sa machine à coudre.  ©  ouest-france

Catherine Ecobichon sur sa machine à coudre. Ouest-France

Mais progressivement, les temps et les mœurs changent, les délais de fabrication se font plus courts, les grandes marques ouvrent plus d’ateliers et cessent de faire appel à des sous-traitants. Licenciée, Catherine Ecobichon se met à son compte et découvre d’autres facettes de son métier. Elle qui recevait les pièces de cuir déjà préparées et n’avait besoin que d’une table et de sa machine à coudre pour en faire portefeuilles et porte-monnaie doit désormais créer des produits de A à Z et les commercialiser elle-même.

photo après avoir collé les rembords, la maroquinière pique le cuir à la machine à coudre pour bien fixer le cuir.  ©  ouest-france

Après avoir collé les rembords, la maroquinière pique le cuir à la machine à coudre pour bien fixer le cuir. Ouest-France

Des innovations plein les sacs

Il lui faut un an pour investir dans des machines, apprendre la préparation du cuir, concevoir ses premiers modèles et se constituer un stock. Presque dix ans plus tard, Catherine Ecobichon a désormais sa clientèle et continue d’innover. Sur demande, elle a créé des sacs en liège pour des clients véganes ; récemment, elle s’est lancée dans une gamme de sacs en partie en bois.

photo catherine ecobichon crée des sacs, portefeuilles, ceintures, porte-monnaie…  ©  ouest-france

Catherine Ecobichon crée des sacs, portefeuilles, ceintures, porte-monnaie… Ouest-France

Forte de plus de quarante ans d’expérience, la maroquinière prend plaisir à partager son savoir. « La maroquinerie, ce n’est pas simplement mettre des bouts de cuir les uns sur les autres ! », démontre-t-elle aux curieux qui viennent tous les ans visiter son atelier lors de portes ouvertes.

photo catherine ecobichon change la boucle d’une ceinture.  ©  ouest-france

Catherine Ecobichon change la boucle d’une ceinture. Ouest-France

Un travail minutieux

Il faut d’abord sélectionner la peau, puis la couper. La maroquinière utilise pour cela des emporte-pièce et une presse. Elle se fabrique aussi des gabarits en carton pour découper à la main les formats non standards. Ensuite, il faut « refendre le cuir » et en « parer » les bouts, c’est-à-dire désépaissir la peau, sur toute sa surface ou plus finement sur les bords qui seront ensuite repliés. « Après, ce n’est que du montage manuel » : la maroquinière assemble les morceaux de cuir, d’abord grâce à de la colle, puis avec un coup de « piqûre » à la machine à coudre.

photo à l’aide d’une machine à parer, la maroquinière affine les bords du cuir qu’elle va ensuite replier pour créer des rembords.  ©  ouest-france

À l’aide d’une machine à parer, la maroquinière affine les bords du cuir qu’elle va ensuite replier pour créer des rembords. Ouest-France

En prêchant ainsi la bonne parole, l’artisane a déjà réussi à convaincre deux jeunes de suivre son exemple. « Il y a des ouvertures impressionnantes dans ce métier, croit-elle savoir. Et pour des jeunes ou même des reconversions, c’est formidable de travailler dans la création, avec ces belles matières et ces odeurs ! »

 
Mariette THOM.    Ouest-France  

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