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ENTRETIEN. Le photographe Stéphane Couturier expose à L’Aigle... |
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Stéphane Couturier et Olivier Beer, lors du passage à L’Aigle de l’auteur des séries « Melting ». © Ouest-France
L’exposition « Les Rencontres de Colombel » reçoit des visiteurs d’ici et d’ailleurs en ce mois d’août 2025, à L’Aigle (Orne). Devant le tableau « Toyota etc », le photographe Stéphane Couturier dévoile une technique qu’il a faite sienne depuis plus de vingt ans, en combinant la superposition d’images. Le passionné des jeux de transparence dans la photo a pris le temps d’apprécier l’ensemble de l’exposition.
À l’occasion de l’exposition Les Rencontres de Colombel, présentée en ce mois d’août 2025 à l’hôtel Colombel de la Rousselière, à L’Aigle (Orne), le photographe Stéphane Couturier présente son univers. Entretien.
Quelle est votre technique pour aboutir aux photographies de vos séries Melting, présentées à L’Aigle ?
Les photos choisies pour l’exposition, issues des séries Melting, sont des vues d’usines Toyota et Alstom, créées il y a plus de vingt ans. Il s’agit d’une superposition d’images. En mêlant deux photos, je procède au camouflage du réel et cette hybridation fait ressentir de nouvelles sensations visuelles, images et vibrations. J’ai employé cette technique pour les vues frontales d’architectures de bâtiments prises à Alger, Brasília ou Chandìgarh. Face à eux, on peut dire que l’on ressent la résonance entre l’architecture et ce que l’on sait du lieu.
Vous exposez vos œuvres dans des espaces de renommée internationale, que pensez-vous des Rencontres de Colombel ?
Je suis l’ami d’Olivier Beer (propriétaires des lieux avec Ophélie Asch, NDLR), avec lequel j’ai travaillé et partagé différents projets, notamment des livres d’art et de photographies.
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Je suis fier d’exposer ici, un an après Lucien Hervé, photographe de Le Corbusier. Ce qu’a fait Olivier Beer est tout à fait remarquable ; il offre aux artistes un magnifique écrin pour la ville et la région. C’est un lieu unique qui vaut bien les musées. D’autre part, je suis heureux de montrer mon travail aux côtés de celui d’Ophélie Asch, dont j’admire l’œuvre. Je suis certain que l’art peut aller à la rencontre des publics, ici ou là, quitter la ville pour les régions. Tout comme l’architecture, qui évolue au fil du temps selon l’appropriation des habitants et des lieux où ils vivent.
Quels sont vont autres projets en ce moment ?
J’expose aux Rencontres d’Arles jusqu’en octobre, à l’abbaye de Montmajour. Cette fois, c’est toujours l’esprit melting, mais centré sur la villa d’Eileen Gray, designeuse irlandaise. Avec l’architecte Jean Badovici, ils l’avaient conçue comme un manifeste architectural, en 1926. Puis, en 1938-1939, l’architecte Le Corbusier s’est approprié sans complexes les lieux avec « une intention d’en salir les murs ». Eileen Gray ne remettra plus jamais les pieds à la villa !
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Aujourd’hui, dans ce lieu, l’espace est devenu complexe, comme un télescopage entre les fresques de Le Corbusier, la nature extérieure et les détails du mobilier conçu par la styliste. En tant que photographe, je me suis passionné pour cette dualité qui ressort de l’ensemble. Le mouvement, l’instabilité et l’éphémère, ont fusionné dans les photos que je présente comme une sorte de réconciliation des arts.