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Faut-il instaurer le RSA dès 18 ans ? Le Sénat va en débattre6 |
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Privés d’emplois ou de petits boulots, des jeunes voient leurs ressources financières fondre. © Thomas Brégardis, Ouest-France
Il s’agit là d’une proposition présentée par des parlementaires socialistes. But ? Mieux lutter contre la paupérisation des jeunes.
Avoir 18, 20 ou 22 ans n’est guère réjouissant en ce moment. La précarité s’amplifie avec la crise sanitaire. Privés d’emplois ou de petits boulots, des jeunes voient leurs ressources financières fondre. Si certains bénéficient des repas à 1 € mis en place par l’État pour les étudiants boursiers ou se sont vu attribuer un peu plus d’aides financières, d’autres sont contraints de frapper aux portes des associations caritatives.
« La situation est très grave »
« La situation est très grave, réagit Sylvie Robert, sénatrice socialiste d’Ille-et-Vilaine. Selon les dernières données, 1,5 million de jeunes se trouvent en situation de pauvreté. » Avec plusieurs parlementaires de gauche, l’élue porte donc une proposition de loi visant à accorder des droits nouveaux dès 18 ans. Ce texte sera débattu mercredi au Sénat, en mars à l’Assemblée.
S’il existe actuellement la garantie jeunes – 497 € par mois – accompagnant vers l’emploi ou la formation les 16-25 ans en précarité (ni emploi, ni études, ni formation), la sénatrice veut aller au-delà de ce filet de sécurité. « Imaginons un système plus universel, en étendant le RSA (564 €) aux jeunes dès 18 ans, en études ou non, avec toujours un accompagnement. Ce serait leur donner un signal fort ».
« Un travail, pas un allocation »
Mais l’idée fait débat. La ministre du Travail préconise, elle, une garantie jeunes améliorée, plus universelle. Le ministre de l’Économie se dit opposé au RSA jeunes : « À 18 ans, on veut un travail, pas une allocation. » Une position décriée par Olivier Faure : « En l’absence de travail, ne pas accorder le minimum vital, c’est dégueulasse. Aucun jeune ne devrait entrer dans la vie par les files de la soupe populaire », estime le socialiste.
Vontre cette extension de l'assistanat et de la bureaucratie