|
Flers. Ceci n’est pas (vraiment) un four à pizza... |
1
Samedi, une soirée autour d’une création de l’artiste, une « voiture four à pizza », était organisée à la ferme Les p’tits grains, à Montilly-sur-Noireau. © Maxime Pionneau
Exposé au Relais culturel 2Angles, l’artiste Benedetto Bufalino détourne les objets du quotidien. Samedi 19 mai, une soirée était organisée autour d’une voiture, transformée en four à pizza.
Qui a dit que l’art contemporain était inaccessible aux non-initiés ? Condamné aux galeries aux murs neutres ? Certainement pas l’artiste lyonnais Benedetto Bufalino.
Samedi 19 mai, une "soirée pizza" était organisée, par le Relais culturel 2Angles, autour d’une de ses créations, une voiture transformée en four à pizza. Entretien.
Cette soirée autour de votre voiture transformée en four, c’est un happening ou un juste une soirée pizza ?
Benedetto Bufalino : Appelons ça une soirée pizza ! (rire) Ce que je crée, j’aime que ça devienne des éléments qui entrent dans la vie quotidienne. Que ce ne soit pas sous cloche. Dans tous mes travaux, je fais des choses en lien avec le réel.
Si on dit que votre travail consiste à détourner des objets du quotidien, c’est juste ?
Oui, les détourner, mais aussi les augmenter. Dans les objets, il y a des choses « en attente » : une cabine téléphonique, comme c’est transparent, c’est déjà un aquarium ! Une Seat Ibiza, on pense à la fête, à l’été, la baignade…

C’est pour ça que j’ai installé un jacuzzi dans l’une de ces voitures (1). Quand on regarde mes travaux, bien souvent, on se dit que ça semble presque normal !
Comment est née cette voiture qui sert à cuire des pizzas ?
Le directeur de 2Angles avait ce véhicule qui ne passait plus au contrôle technique. C’est une Ford.

Je me suis dit que ça pouvait devenir une « Fourd » à pizza. Ça vient aussi de la forme de la voiture qui évoque presque ce genre de four.
Comment est née cette manie de regarder autrement ces éléments du quotidien ?
C’est lié à mes études de design d’espace. J’ai commencé à réfléchir à comment détourner des lieux, modifier la fonction des espaces, ramener de la poésie dans les villes.

Bien souvent, on enlève même les bancs : on ne veut pas que les gens s’assoient.
La suite de l’entretien à lire dans Ouest-France Orne de lundi 21 mai 2018, édition papier ou numérique.
(1) L’artiste fait ici référence à deux de ses œuvres visibles sur son site.