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Flers. Jeunes retraités, ils se reconvertissent et ouvrent un bistrot dans leur maison... |
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Jacky et Gwënola Touzé ouvrent leur maison quelques heures par semaine pour en faire un bistrot. © Ouest-France
Gwënola et Jacky Touzé ont toujours eu leur maison ouverte. Arrivés à la retraite, les deux Flériens (Orne) ont ouvert un bistrot dans leur maison pour construire un pont entre les générations.
Une maison non loin du centre-ville de Flers, dans l’Orne. Avec de bons yeux, un promeneur pourra distinguer une licence 4 sur la façade. C’est un endroit dont l’adresse exacte est tenue secrète. « Il faut chercher un petit peu. Demandez à votre réseau, quelqu’un saura ! », sourit Gwënola Touzé.
Son mari Jacky et elle, anciens éducateurs spécialisés, ont ouvert leur salon et l’ont transformé en bistrot, trois soirs par semaine, depuis le 1er juillet. Ils ont voulu créer un endroit amical, convivial et spontané, « comme on aurait voulu en trouver un à Flers ». Non pas pour faire du profit, mais pour créer du lien social et construire un pont entre les générations. « Une nouvelle page qui s’ouvre », pour les deux Flériens.
Des chats, des jeux et un piano
Dans le bistrot La Maison, il y a des fauteuils dépareillés, du jazz, des chats, des jeux de société, un piano droit, une guitare et une ambiance familiale. Un mur avec des coupures de presse pour les sportifs, un autre où, chaque mois, un artiste local expose ses œuvres. Dans le jardin, un jeu de palet est à disposition. Certains invités chantent, d’autres jouent à des jeux de stratégie.
Derrière le bar, qui est d’ordinaire la cuisine du couple, Jacky tire des bières. « Je ne suis pas un professionnel, mais j’apprends ! sourit le jeune retraité, qui dit prendre goût à parler et communiquer avec les personnes qui investissent sa maison pendant quelques heures. Depuis trois semaines, tout le monde me donne des conseils. »
« Un gros salon »
Avec leurs enfants et leurs amis, Gwënola et Jacky ont choisi les bières et quelques vins « que l’on aime bien ». On trouve aussi de l’eau, du thé glacé ou du jus de fruits, mais pas d’alcool fort. « L’idée, ce n’est pas de faire concurrence aux autres bars de Flers mais plutôt d’être un gros salon, explique Gwënola. On est dans la continuité de ce que l’on faisait déjà : notre maison a toujours été ouverte aux amis. Maintenant, c’est comme si on recevait, sauf que l’on fait payer les consommations ! »
Le bilan des trois premières semaines est globalement positif. « Les gens s’y sentent bien, et notamment les femmes, qui ne seraient peut-être pas allées dans des bars après 22 heures. Des groupes différents se rencontrent, se mélangent et se défient même au palet ! » Seul petit regret : « Personne ne s’est spontanément saisi de la guitare ou du piano pour nous jouer un air. J’espère que ça viendra ! »