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Fugues, violences, difficultés… À Sainte-Gauburge, le Centre éducatif fermé est… fermé pour six mois

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photo après des incidents dont des violences, le centre éducatif fermé de sainte-gauburge est suspendu pour six mois. une enquête judiciaire est en cours. © ouest-france 1

Après des incidents dont des violences, le centre éducatif fermé de Sainte-Gauburge est suspendu pour six mois. Une enquête judiciaire est en cours. © Ouest-France

Saisie par la Protection judiciaire de la jeunesse, la préfète a suspendu l’établissement qui accueille douze ados délinquants. En parallèle, une enquête judiciaire étudie des violences signalées par l’administration.

Six mois de fermeture et l’espoir d’une réouverture en septembre. Après une lettre d’injonction de la préfète de l’Orne, le centre éducatif fermé de Sainte-Gauburge s’est mis en veille. Une décision lourde de sens pour cet établissement qui prend en charge, en temps normal, douze adolescents délinquants âgés de 14 à 16 ans.

Dérapages

Comment en est-on arrivé à une telle extrémité ? L’aboutissement d’un long processus qui a vu cette antichambre de l’incarcération des jeunes déraper sans que rien ne puisse endiguer le mouvement. « Dans le cadre d’un centre éducatif fermé, il n’est pas rare de prendre des mesures de suspension d’activité, soutient Patricia Cortes, directrice de l’association Montjoie, qui gère le centre et rayonne sur sept départements, employant 500 salariés. Là, il y a eu une suite d’incidents, notamment des fugues. Des éducatrices auraient été bousculées et insultées, des jeunes se seraient plaints d’avoir subi des violences par d’autres jeunes. Bref, plusieurs incidents à la suite. »

« Recommandations pas suivies d’effet »

Une vision sans doute en deçà de la réalité. Car la direction interrégionale de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) n’a pas saisi la préfète pour des problèmes anodins. « On a proposé une suspension parce qu’on avait certain nombre d’éléments d’alerte, retrace, sans entrer dans le détail, Hervé Duplenne, directeur interrégional de la PJJ, intervenu pour dans le cadre de contrôles réguliers. Certaines recommandations n’ont pas été suivies d’effet. »

Trente-deux procédures des gendarmes

On pourrait évoquer les 32 procédures dressées par les gendarmes locaux. Mais là encore, impossible de démêler ce qui est de l’ordre des notifications judiciaires des fugues, par exemple. Quand bien même les ados s’enfuient, l’autorité n’en tire pas forcément la preuve d’une difficulté insurmontable. « Tout dépend de leur récurrence », insiste le directeur interrégional.

Confrontations violentes

Plus gênant, le CEF serait devenu le cadre de confrontations violentes. « On a recensé des interventions des gendarmes dans la structure pour calmer les esprits, reconnaît Hervé Duplenne. Il n’était pas possible de continuer avec un certain nombre de signaux. Il fallait protéger les jeunes et les professionnels. » Avec de surcroît, « des suspicions de violences physiques ou de maltraitance psychologique ». Le directeur interrégional n’a pas eu d’autre choix que d’informer le parquet « de possibles faits de nature à entraîner des poursuites pénales ».

Des personnels suspectés de violences

« Deux ou trois personnes, travaillant de nuit, sont mises en cause pour suspicion de violences très légères », résume, pour sa part, Hugues de Phily, procureur d’Argentan, en charge du volet judiciaire de cette affaire. L’enquête est confiée à la brigade de gendarmerie d’Argentan. La dizaine de jeunes a été dispersée géographiquement dans divers autres centres. « Il est donc difficile d’auditionner tous les témoins, observe le représentant du ministère public. L’enquête prendra plusieurs semaines. »

Remise en ordre

Quelles traces cet épisode laissera-t-il sur le centre éducatif fermé ? Les protagonistes espèrent une sortie par le haut. « On prend le temps de réorganiser et de restructurer, rassure le directeur interrégional de la PJJ. L’intérêt, c’est la poursuite de l’activité dans l’exigence du cahier des charges des CEF. »

« Cette suspension va nous permettre d’améliorer la prise en charge des mineurs », renchérit Patricia Cortes, à la tête de l’association Montjoie. Pour le vérifier, rendez-vous est donné à la rentrée.

 
Delphine LE NORMAND, Nathalie HOUDAYER et Josué JEAN-BART.   Ouest-France  

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