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Guerre au Moyen-Orient. « C’est 3 000 € de plus par marée » : en Normandie, les pêcheurs s’inquiètent du prix du gasoil... |
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Dimitri Rogoff, président du Comité régional des pêches de Normandie, craint que la flambée des carburants pousse les professionnels à laisser leurs unités de pêche amarrées à quai. © Ouest-France
Alors que la guerre contre l’Iran fait flamber le prix des carburants, en Normandie, la pêche professionnelle s’inquiète. Des aides vont être demandées à l’État.
Il y a une anxiété ambiante qui règne dans le monde de la pêche professionnelle normande
, déclare Dimitri Rogoff, président du Comité régional des pêches de Normandie (CRP) en évoquant la flambée des prix des carburants. Alors que le gasoil s’était stabilisé en dessous de la barre des 0,60 € le litre à la pompe sur les quais des ports de Normandie, il est passé en à peine 12 jours à 0,80 € le litre.
Voir aussi : VIDÉO. Carburants : l’évolution du prix en France depuis le début de la guerre au Moyen-Orient
« On risque d’avoir une flotille qui vivote »
Alors que la saison de pêche à la coquille se termine en baie de Seine, certains professionnels n’excluent pas de laisser leurs navires à quai
, poursuit Dimitri Rogoff. Ça s’ajoute à l’interdiction de pêcher maquereaux et soles.
Le président du CRP s’interroge aussi sur le fait de savoir si les pêcheurs ne sont pas trop dépendants de la pêche à la coquille. On risque d’avoir une flottille qui vivote et des matelots en difficulté faute de salaires.
Les matelots n’étant rémunérés que sur les produits de pêche vendus.
Besoin d’une aide
Après le déclenchement de la guerre en Ukraine, une aide avait été octroyée aux pêcheurs pour remédier aux augmentations. On espère une aide similaire pour cette guerre en Iran. C’est une demande du Comité national des pêches.
Selon Dimitri Rogoff, un navire hauturier consomme 15 000 litres de gasoil pour une marée. À plus de 0,80 € le litre, c’est 3 000 € de frais supplémentaires par marée, c’est compliqué à surmonter. Pourtant, ces hauturiers permettent de gros apports en criées
. La solution selon lui : augmenter le prix du poisson. On ne vit pas une situation claire, ça ne présage rien de bon pour les prochaines semaines
, conclut Dimitri Rogoff.