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Guerre, inondations, séisme… Ce Français a créé des capsules de survie pour se protéger du pire... |
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Cédric Choffat a conçu trois capsules différentes permettant de se protéger en cas de tirs d’armes à feu, d’inondations ou de tremblements de terre. © LIFEPODS
À la tête de l’entreprise Momentum Technologies, basée dans les Pyrénées-Orientales, Cédric Choffat a conçu trois capsules de survie permettant de se mettre à l’abri en cas de tirs d’armes à feu ou de catastrophes naturelles. Quatre personnes peuvent s’y réfugier. Une innovation mondiale qui coûtera entre 20 000 et 30 000 €.
Seriez-vous prêt à acheter une capsule de survie ? Momentum Technologies, une société basée au Boulou (Pyrénées-Orientales), en a imaginé trois différentes permettant de se protéger en cas d’inondations, d’attaques à l’arme à feu ou encore de tremblements de terre. Derrière cette « innovation mondiale » : Cédric Choffat, un Français de 47 ans installé à Gérone en Espagne. L’idée lui est venue en 2011 après le tsunami au Japon qui a fait près de 20 000 morts.
« Je me suis dit qu’il fallait construire des capsules flottantes de survie qui seraient installées dans les zones à risque », nous raconte-t-il. Depuis, les menaces se sont multipliées : tensions géopolitiques, risque terroriste, catastrophes météorologiques… « Quand on voit la guerre en Ukraine qui dure, l’attaque du 7-Octobre ou bien la tempête actuelle en Espagne et au Portugal… Je ne cherche pas à faire peur mais le risque est réel. »
Deux adultes et deux enfants
Cédric Choffat a officiellement commencé à travailler activement sur ces capsules baptisées Lifepods début septembre 2025. Avant cela, il a conçu et industrialisé de nombreux accessoires moto pour de grandes marques pendant près de trente ans. Une solide expérience qui lui a permis de codévelopper ces dispositifs à l’aide d’un bureau d’études autrichien. Aujourd’hui, les engins ne sont pas encore commercialisés car il reste encore des tests à faire.
Néanmoins, trois modèles sont déjà prévus. Le premier, le plus avancé, est une version antibalistique. Conçue avec deux coques en acier, cette capsule résiste à l’épreuve des balles mais aussi du feu. Elle peut accueillir quatre personnes : deux adultes et deux enfants sur leurs genoux. Des tests sont en cours et la production devrait démarrer « avant l’été » chez un sous-traitant barcelonais une fois les certifications obtenues. La commercialisation est prévue à partir d’avril 2026.
Des tests grandeur nature
Le deuxième modèle est une capsule flottante pensée pour faire face aux submersions rapides. « Elle fait 2,20 m de diamètre et il y a un leste intégré pour la restabiliser en position verticale en toutes circonstances, décrit Cédric Choffat. Il y a des chéneaux d’alimentation en air qui permettent de respirer de façon indéfinie et les sièges sont équipés de harnais. » Encore en développement, les premiers exemplaires devraient être disponibles fin 2026 après une batterie de tests au printemps.
Le troisième et dernier modèle permet quant à lui de se mettre à l’abri en cas de risque sismique. Une capsule de 550 kg conçue pour être montée dans les bâtiments susceptibles de s’effondrer lors de tremblements de terre. Son développement devrait débuter fin 2026. Il faudra là encore réaliser des tests grandeur nature, et pour cela l’entreprise peut compter sur le soutien de la CCI des Pyrénées-Orientales. « Elle a accueilli le projet à bras ouverts et va nous aider à entrer en relation avec des entreprises de démolition », se réjouit le quadragénaire.
Pour qui ?
Ces trois capsules sont facilement transportables et représentent des refuges instantanés pour se mettre à l’abri en attendant l’arrivée des secours. « On peut évidemment y stocker des vivres et de l’eau, et il y a même des toilettes chimiques si l’on doit malheureusement y rester pendant un temps prolongé. » Les personnes qui se trouvent à l’intérieur pourront appeler à l’aide via un bouton SOS.
Chacune de ces capsules coûtera entre 20 000 et 30 000 €. Leur créateur explique qu’elles s’adressent aussi bien aux particuliers « qui veulent se protéger en cas d’urgence » qu’aux professionnels. « Elles peuvent par exemple permettre aux pompiers de se mettre à l’abri en cas de gros incendie, plutôt que dans leur camion où il y a plus de risques. » Il rappelle toutefois que sa jeune société « n’a pas la prétention de sauver le monde, mais seulement d’augmenter nos chances de survie. »
« Jamais rien vu de tel »
Cédric Choffat a présenté la version antibalistique et la capsule flottante lors du dernier salon Milipol à Paris, consacré aux professionnels de la sécurité, et plus récemment au Consumer Electronic Show (CES) de Las Vegas, le plus célèbre salon de technologie au monde. « Elles ont connu un franc succès. Beaucoup m’ont dit qu’ils n’avaient jamais rien vu de tel. Au total, j’ai établi plus de 100 contacts dont une trentaine très sérieux », avance-t-il fièrement.
Un contrat a déjà été signé avec l’Arabie saoudite pour la vente de 85 capsules sur trois ans et des négociations sont en cours avec la Turquie. Pour financer cet ambitieux projet mis en avant par ici Roussillon , une première levée de fonds de 375 000 € a été effectuée auprès d’investisseurs privés. Une campagne de financement participatif sera lancée dans une dizaine de jours sur la plateforme Wedogood et tout le monde pourra y contribuer.