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Il appartenait à un soldat allemand de la Seconde Guerre mondiale : un objet insolite retrouvé par une famille à Orbec... |
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Cette raquette de signalisation, utilisée par la police militaire allemande dans les années 1940, a été retrouvée dans un salon de coiffure à Orbec, près de Lisieux. © Mémorial de Montormel – CD61
Une raquette de signalisation de la Feldgendarmerie, la police militaire allemande en place jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale, a été retrouvée par une famille originaire d’Orbec (Calvados). Offerte au Mémorial de Montormel près d’Argentan (Orne), elle raconte une histoire.
C’est un objet bien curieux qui a surgi sur les réseaux sociaux, vendredi 28 novembre 2025, sur la page du Mémorial de Montormel : un panneau de signalisation
, retrouvé à Orbec, qui daterait de la Seconde Guerre mondiale. En réalité, ça n’est pas un panneau mais une raquette
, précise Stéphane Jonot, directeur du musée situé près d’Argentan, dans l’Orne. Comme celles que l’on peut voir aujourd’hui dans les mains des agents, qui font traverser nos chères têtes blondes devant l’école, en toute sécurité.
Détail amusant, ça n’est même pas un panneau réglementaire, on voit que c’est une fabrication artisanale, un bout de tôle peinturluré. Pour l’anecdote, ils sont toujours utilisés, aujourd’hui, par la police allemande pour la circulation.
Retrouvée dans un salon de coiffure
Récupéré au début de l’année 2025, l’objet est le dernier témoin d’une histoire familiale liée à la guerre. Il a été oublié dans le salon de coiffure d’un certain René Doual. Apparemment, il appartenait à un soldat de la Feldgendarmerie (police militaire allemande en place jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale) qui profitait d’un petit répit pour se faire couper les cheveux.
Le soldat aurait été pris de court par un camarade, venu le chercher en urgence alors que la retraite allemande était sonnée, à la fin de la guerre. Dans la précipitation, il a laissé la raquette sur place et la famille du coiffeur l’a conservée. Longtemps, c’est sans doute resté comme “le panneau piqué aux Boches”, un trophée familial »,
plaisante Stéphane Jonot.
« La petite rejoint la grande Histoire »
Jusqu’à se retrouver dans les allées du mémorial. C’est un membre de la famille, dont le coiffeur était le grand-père maternel, qui nous en a fait don. Ça s’est fait tout naturellement, au détour d’une conversation, en plein repas
, s’étonne encore le directeur de l’établissement. Sur le moment, on n’aurait pas pensé qu’un objet aussi banal avait un vécu particulier.
Le Falaisien d’origine se réjouit d’avoir ce genre de reliques parmi la collection : C’est le quotidien qui rejoint la grande Histoire. Le mémorial commémore la bataille de la Poche de Falaise (ultime affrontement de la Bataille de Normandie) qui était épouvantable, avec des pertes catastrophiques, des milliers de morts, une dévastation complète… La petite histoire remet de l’humain au milieu de tout ça.