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Il traitait son maire de « pervers narcissique sournois » dans l’Orne... |
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Le prévenu ne regrette aucun de ses propos. © Archives Ouest-France
Un homme de 82 ans était convoqué au tribunal d’Argentan (Orne), mardi 10 septembre 2024. Le maire de son petit village, La Fresnaie-Fayel, a porté plainte contre lui pour outrage. Le prévenu a été condamné.
« Pour un numéro sur un bâtiment, on monopolise le tribunal. C’est tout à fait futile. » Les mots du procureur de la République d’Argentan, agacé lors de l’audience du mardi 10 septembre 2024, ont résumé l’atmosphère générale. Un habitant de La Fresnaie-Fayel, petit village situé entre Gacé et Vimoutiers, comparaissait pour outrage envers le maire du village, élu depuis 2001.
Tout débute en 2004. Les deux hommes se rencontrent, les relations sont bonnes mais finissent par se dégrader en 2008, à cause de divers petits conflits, notamment l’opération de réadressage qui a eu lieu dans la commune.
Les deux rivaux finissent par s’affronter lors de l’élection municipale et le maire sortant est réélu. Le prévenu adresse alors un premier courrier désagréable.
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Des lettres et des mails
L’affaire se tasse mais ressurgit vers 2019. Plusieurs lettres et mails sont à nouveau envoyés, à destination de la gendarmerie de Gacé et de la mairie du village. L’auteur qualifie l’édile d’« enfant frustré dans un corps d’adulte. Votre but est de créer le désordre entre les habitants. Vous êtes ce que j’appelle un fout-la-merde », peut-on lire notamment.
L’expression de « pervers narcissique sournois » revient fréquemment dans ses longs, voire très longs écrits. « En 1990, j’ai étudié les divergences comportementales et les troubles de la personnalité, et j’ai obtenu un diplôme universitaire sur le sujet », tient à préciser le prévenu. Le maire finit par porter plainte, après avoir sollicité la gendarmerie pour tenter de désamorcer la situation.
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200 € d’amende
« Pour moi, ça n’est que la réalité », exprime, à la barre, celui qui n’avait jusqu’alors jamais été condamné par la justice. Aujourd’hui âgé de 82 ans, il dit ne rien regretter.
« Je suis maire depuis vingt-cinq ans, répond l’élu. Je ne demande pas d’indemnités, je veux juste qu’on me foute la paix. Si je faisais mal mon boulot, je n’aurais pas été réélu. »
« Monsieur s’est présenté à l’élection municipale, il n’a pas été élu, retrace le procureur. C’est aussi une affaire démocratique. Le tribunal a d’autres choses à faire. » Il requiert 200 € d’amende et un stage de citoyenneté, ce qui sera suivi par le tribunal.