|
INFO OUEST-FRANCE. Attentat à la prison de Condé-sur-Sarthe : Michaël Chiolo sera jugé en appel du 3 au 28 mai 2027... |
1
Le palais de justice de Paris. © KIRAN RIDLEY / Getty Images via AFP
Condamné en juillet dernier par la cour d’assises spéciale à une peine de réclusion à perpétuité incompressible pour l’attaque terroriste contre deux surveillants dans la prison de haute sécurité de l’Orne, le djihadiste avait fait appel. Il sera rejugé avec Abdelaziz Fahd, condamné à la perpétuité avec une période de sûreté de 30 ans, et de Jérémy Bailly, qui, lui, avait été acquitté.
L’auteur de l’attaque au couteau contre deux surveillants de la prison de Condé-sur-Sarthe (Orne), en 2019, a été condamné début juillet à la réclusion à perpétuité incompressible, la plus lourde peine prévue par le Code pénal. Michaël Chiolo, 33 ans, qui a fait appel de la décision de la cour d’assises spéciale, sera rejugé du 3 au 28 mai 2027, a indiqué ce mardi une source judiciaire, interrogée par Ouest-France.
Le 5 mars 2019, le détenu et sa compagne Hanane Aboulhana, 34 ans, qui lui rendait visite, avaient grièvement blessé deux agents pénitentiaires avec des couteaux en céramique. Le couple s’était ensuite retranché pendant près de dix heures dans l’unité de vie familiale (UVF) de la prison. Jusqu’à un assaut de la police, dans lequel Michaël Chiolo a été blessé et Hanane Aboulhana tuée.
« Des années que je voulais faire le djihad »
Celui qui a comparu pour tentative d’assassinat durant cinq semaines au printemps dernier, avait revendiqué pleinement son acte, sans cesser d’en rajouter dans la provocation. Affirmant notamment « approuver de A à Z » les exactions du groupe État islamique. « Ça faisait des années que je voulais faire le djihad dans le sentier d’Allah. Ça faisait des années que je voulais attaquer l’administration pénitentiaire » et « tuer un maximum de victimes », a-t-il expliqué à l’audience.
À l’annonce du verdict, conforme aux réquisitions du parquet national antiterroriste, il avait levé un de ses doigts vers le ciel en remuant les lèvres comme lors d’une incantation. La présidente de la cour d’assises spéciale a justifié la période de sûreté incompressible de Michaël Chiolo en expliquant que l’ancien sympathisant néonazi, converti à l’islam radical en prison, était en état de récidive légale. Il avait déjà été condamné à l’âge de 20 ans à une peine de 30 ans de réclusion « pour des actes ayant entraîné la mort d’un homme ». Il s’est en outre « montré incapable de dire qu’il ne recommencerait pas », a déploré la présidente, en pointant une « dangerosité criminologique constante ».
Abdelaziz Fahd rejugé aussi
Il sera jugé en appel avec Jérémy Bailly, 37 et Abdelaziz Fahd, 39 ans. Ce dernier, reconnu coupable de complicité de tentative d’assassinat, lui a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité avec une période de sûreté de 30 ans. Malgré ses dénégations, durant l’enquête et pendant le procès, l’accusation a vu en lui « l’instigateur » de l’attentat.
Délinquant de droit commun multirécidiviste, incarcéré sans discontinuer depuis 2006, Abdelaziz Fahd est « incapable de toute forme de remise en question », avait estimé le Pnat dans ses réquisitions. En mars dernier, il avait tenté de se faire livrer par drone un paquet contenant un couteau en céramique au centre pénitentiaire de Beauvais (Oise).
Quant à Jérémy Bailly, il a été acquitté en première instance. Décision dont le ministère public a fait appel. Cet homme de 37 ans, déjà condamné pour terrorisme, est soupçonné d’avoir su, sans le dénoncer, que Michaël Chiolo préparait un attentat contre des surveillants au sein de la prison, où ils étaient tous les deux incarcérés.