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Jazz sous les pommiers. Richard Galliano navigue en trio... |
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Richard Galliano se produira mardi 8 mai à 15 h à la salle Marcel-Hélie avec le trompettiste italien Paolo Fresu et le pianiste suédois Jan Lundgren. © DR
L’accordéoniste Richard Galliano se produira mardi 8 mai à 15 h à la salle Marcel-Hélie avec le trompettiste italien Paolo Fresu et le pianiste suédois Jan Lundgren. Ils présenteront "Mare Nostrum II", un moment de douceur et de mélancolie.
Comment est né le trio Mare Nostrum?
Richard Galliano : C’est à Naples, que j’ai rencontré Paolo Fresu il y a plusieurs dizaines d’années. Nous avons régulièrement joué ensemble et naturellement, une complicité s’est instaurée. Nous avions toujours eu le projet de créer ensemble un répertoire. Puis ma rencontre avec Jan Lundgren s’est faite au Japon. Nous nous sommes retrouvés à la fin d’un concert pour un bœuf. Le manager René Hess a compris de suite qu’il fallait nous réunir tous les trois et mettre au point un album. En 2007, le premier Mare Nostrum a été enregistré en Italie. En 2016, le second opus s’est fait chez moi, dans le sud de la France. Le troisième opus est en passe d’être enregistré dans quelques mois en Suède.
Pourquoi avoir intitulé ces albums "Mare Nostrum" ?
« Notre mer», c’est le nom que les Romains donnaient à la Méditerranée. Or, nous sommes tous trois natifs d’un bord de mer. Ma Méditerranée est la même que celle de Paolo Fresu qui est Sarde. Jan Lundgren est un enfant du littoral sud de la Suède. Dans les deux premiers albums, il y a beaucoup de ballades, de morceaux très lents. C’est un disque de blues méditerranéen. On se rencontre tous les trois sur ce genre d’émotions, un mélange de nostalgie qui ouvre sur la réflexion de la vie et aspire à une belle humanité. Au regard de l’actualité, l’intitulé Mare Nostrum prend encore plus de signification comme avec les migrants à la dérive sur leur embarcation. Car c’est la mer qui éloigne les peuples mais aussi, les réunit.

Que va découvrir le public lors de votre représentation ?
Comme le marin qui part en mer, nous voyageons en équipe, en bonne harmonie. Nous délivrons un message de sérénité, de paix et de plénitude qui est le bienvenu en cette période triste et violente. De manière générale, la mélancolie traverse l’album d’un bout à l’autre des douze morceaux qui le constituent. Ce concert associe très étroitement douceur et douleur. L’entrée en matière, avec « Apnea », respire la douce sérénité, teintée d’une pointe de mélancolie. Le tempo, comme sur la très grande majorité des morceaux, y est lent, très lent. Les mélodies s’y déploient tranquillement, à l’instar de « Blue Silence », « Le livre d’un père sarde », « Lili ». C’est aussi le cas de la « Gnossienne n°1 », une composition d’Erik Satie. Seul « Leklåt », écrit par Jan Lundgren, est exécuté sur un tempo plus rapide.