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L’ADMR d’Athis-de-l’Orne en déficit malgré l’augmentation des besoins... |
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Lors de cette assemblée générale, cinq personnes de l’ADMR ont été mises à l’honneur pour vingt ou trente ans d’ancienneté. De gauche à droite : Catherine David, Marielle gallot, Isabelle Mauduit, Claudine Pierre Auguste. Absente : Isabelle Gareau. © ADMR Athis
Comme c’est le cas à l’échelle nationale, l’ADMR d’Athis-de-l’Orne constate une fragilisation, d’année en année, malgré une activité et des besoins qui augmentent.
L’association ADMR (Aide à domicile en milieu rural) d’Athis-de-l’Orne a tenu son assemblée générale jeudi 30 mai 2024.  Parmi nos quatre structures, une seule a connu une baisse d’activité. Les trois autres sont soit à l’équilibre, soit en augmentation. Pour autant, le compte de résultat de l’année 2023 est en déficit de 43 000 € [contre 16 426 € en 2022]. Au total, nous assistons à une fragilisation financière, d’année en année, de nos associations, alors que les besoins sont là dans tous les secteursÂ
, annonce le président, Richard Pouard. Cette fragilisation est le résultat d’une tarification insuffisante par nos financeurs ; du niveau d’activité encore trop faible pour compenser ces manques ; et de l’insuffisance de recrutement qui entraîne de nombreuses heures supplémentaires.
Une activité en hausse
Le Service d’aide et accompagnement à domicile (Saad) termine avec un déficit de 10 019 € malgré une augmentation de son activité de 4 % ; le Service de soins infirmiers à domicile (Ssiad) termine tout juste à l’équilibre et une augmentation de son activité de plus de 8 % ; l’Équipe spécialisée alzheimer (ESA) est en déficit de 5 000 € malgré une augmentation de son activité de 20 %. Le multi-accueil affiche un déficit de 28 512 € et une baisse d’activité de 1,4 %.  Ce service souffre depuis deux ans d’une insuffisance de financement pour la masse salariale et ce malgré les aides exceptionnelles délivrées par Flers agglo et la CAFÂ
. Un rapport du Sénat  met en évidence un système de financement des crèches au plan national à bout de souffle et, en même temps, un besoin de créer 200 000 placesÂ
, pointe le président.
« Notre organisation va être bouleversée »
Une réforme des secteurs autonomie associe (sous deux ans) les missions du Service autonomie à domicile (SAD) et du Ssiad. De ce fait, les services SAD devront être en mesure de proposer des prestations de soins et d’accompagnement. Derrière cette réforme, il y a aussi une autre tarification des Ssiad.  C’est un gros bouleversement pour nous.Â
. Le Sénat avait d’ailleurs cherché à repousser la réforme mais elle a finalement été maintenue par les députés.  Nous allons nous faire accompagner par un cabinet de conseil pour être dans la ligne de la réforme car cela va engager notre avenir. Notre organisation va être bouleversée.Â
Cela obligera parfois les associations à fusionner, d’où la nécessité de constituer des entités différentes pour certaines. Les structures ADMR qui ont à la fois le service SAD et le Ssiad vont plutôt bien s’en sortir, mais les services SAD seuls, devront trouver un partenaire pour les soins.  Il y a encore beaucoup de travail devant nous »,
a conclu le président.