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«Le gâteau du Président» ou l’Irak de Saddam Hussein à hauteur d’enfant... |
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Lamia (Baneen Ahmad Nayyef) à la recherche des ingrédients du "gâteau du Président", dans un souk de Bassora. © Copyright TPC Film LLC
Récompensé du prix de la Caméra d’or au Festival de Cannes, ce premier film d’Hasan Hadi offre un regard rare sur le quotidien des Irakiens en 1991. En salles ce mercredi 4 février.
Lamia a 9 ans en 1991, dans l’Irak de Saddam Hussein. Comme tous les ans, à l’école, le maître tire au sort les élèves qui devront s’impliquer dans l’anniversaire du Président.
Pas de chance, la très pauvre Lamia élevée par sa grand-mère dans les marais mésopotamiens, est désignée pour réaliser le gâteau. Elle part chercher les ingrédients à Bassora, avec son copain Saeed. Au fil de leur quête, les deux enfants croisent des personnages qui en disent long sur la faim, la peur et la corruption sous la dictature et la guerre.
Dans ces mêmes années 1990, Hasan Hadi a été désigné pour réunir des fleurs, à l’école, pour un anniversaire de Saddam. C’est ce souvenir d’enfance qui l’a inspiré pour réaliser sur place l’un des premiers films sur cette période. Il a choisi pour cela la forme de la fable, plus forte que bien des longs discours politiques. «Je trouve que les films très militants vieillissent en général assez mal, justifie-t-il. Ceux qui me restent le plus en mémoire parlent des gens, des relations et des trajectoires humaines. Moi, ça me va de me contenter d’un sous-texte politique.»
Servi par une photographie magnifique, une petite fille effrontée au regard plein de mélancolie, ce film rare a touché le public de la Quinzaine des cinéastes, au Festival de Cannes. Il y a aussi reçu la Caméra d’or, récompensant un premier long-métrage. Un très justifié doublé.
De quoi inciter le réalisateur, enseignant en techniques du son associé à l’université de New York, aux États-Unis, à se consacrer désormais exclusivement au cinéma, chez lui, à Bagdad.
quoi inciter celui qui fut longtemps journaliste free-lance et enseignant des techniques du son à l’université de New York, aux Etats-Unis, à se consacrer désormais exclusivement au cinéma, à Bagdad.