|
Maquereau : « L’égoïsme des pêcheurs de loisir contribue à la disparition de cette espèce »... |
1
« Si un million de pêcheurs capturent cent maquereaux par an, le bilan global dépasse les 30 000 tonnes sur la balance ! » Ici, un pêcheur à la ligne sur l’île de Noirmoutier (Vendée). Photo d’illustration. © Martin ROCHE / Ouest-France
Courrier des lectrices et des lecteurs. « Je suis un pêcheur de loisir en mer, et je suis favorable au quota de cinq maquereaux par pêcheur et par jour. »
Dans le cadre de notre rubrique « Courrier des lectrices et des lecteurs », Édouard Bouin réagit face aux quotas imposés aux pêcheurs de loisir pour le maquereau, alors que ces derniers ont manifesté le 14 mars 2026 à Cherbourg (Manche) pour réclamer davantage :
« Je suis un pêcheur de loisir en mer, et je suis favorable au quota de cinq maquereaux par pêcheur et par jour. Le Conseil international pour l’exploration de la mer (CIEM) alerte depuis des années sur la dégradation massive du stock de maquereaux liée à la surpêche. Et un récent rapport d’Ifremer indique un risque d’effondrement engendré par le réchauffement climatique.
En 2025, les quotas alloués aux professionnels français étaient de 16 000 tonnes. Au premier semestre 2026, ils sont tombés à 2 400 tonnes ( ils devraient néanmoins augmenter pour le reste de l’année, au vu des négociations en cours au niveau européen ). Bien évidemment, je trouve inadmissible que près de la moitié soit accordée à deux navires industriels ( une estimation avancée par l’ONG Bloom ). Ils exploitent les quotas français sans contribuer à l’économie locale puisque les débarquements s’effectuent aux Pays-Bas. Une catastrophe économique pour les artisans ligneurs côtiers. Certains voient leur quota mensuel tomber de 500 kg à 100 kg.
Lire aussi : Maquereaux : l’effondrement de l’espèce menace aussi la survie des pêcheurs
« Au détriment des générations futures »
Nous sommes environ 1,3 million de pêcheurs de loisir en mer (estimation datant de 2013). Dans un récent article relatant une manifestation des pêcheurs amateurs à Cherbourg (Dimanche Ouest-France du 15 mars 2026, page Manche), l’un des manifestants indiquait prélever 150 maquereaux par an. Si un million de pêcheurs en capturent cent par an, le bilan global dépasse les 30 000 tonnes sur la balance !
Oui, notre aveuglement et notre égoïsme contribuent à la disparition d’une espèce au détriment d’une économie locale et des générations futures. »