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Municipales 2026 à Essay : un couac dans le « chabada » pour la tête de liste à cause de la parité... |
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Pascale Leroy ne sera pas tête de liste tant en étant tête de liste aux municipales de 2026. © Ouest-France
La liste de la maire sortante, Pascale Leroy, comporte huit hommes pour sept femmes. Ce qui l’empêche de figurer en tête de liste pour respecter l’alternance rendue obligatoire par la loi. Elle ne sera pas tête de liste administrativement parlant mais le sera bien dans les faits.
La campagne municipale réserve parfois des situations inattendues. À Essay, la réforme du mode de scrutin entrée en vigueur pour les élections municipales de 2026 produit un cas pour le moins singulier : la maire sortante, Pascale Leroy, ne pourra pas officiellement être tête de la liste qu’elle conduit pourtant elle-même.
La raison tient à la nouvelle règle de parité qui s’impose désormais à toutes les communes, y compris les plus petites. Depuis la loi du 21 mai 2025, les listes doivent être composées en alternant strictement un homme et une femme – ce que certains appellent déjà le système « chabada ». Cette alternance vise à garantir une représentation équilibrée des sexes dans les conseils municipaux.
Mais à Essay, l’arithmétique électorale a joué un tour à la tête de liste. L’équipe municipale sortante se présente avec quinze candidats : huit hommes et sept femmes. Si Pascale Leroy figurait en première position, l’alternance obligatoire provoquerait inévitablement un moment où deux hommes se suivraient sur la liste, ce que la réglementation interdit.
Une femme invisibilisée, un comble
Résultat : c’est donc Daniel Bruneau, premier adjoint sortant, qui apparaîtra officiellement en tête de la liste déposée en préfecture. Une situation qui peut paraître totalement contradictoire aux objectifs de la loi. Une femme invisibilisée au nom d’une règle censée les promouvoir.
Cette situation amuse la principale intéressée. La préfecture m’a obligée à demander un pouvoir à Daniel pour déposer ma propre liste
, raconte Pascale Leroy en riant. Avant que son premier adjoint n’ajoute aussitôt qu’il n’y a aucune ambiguïté sur la suite : Je ne brigue en aucun cas le mandat de maire. C’est Pascale qui se présentera à ce poste lors du premier conseil municipal.
En clair, la tête de liste administrative ne préjuge pas de l’élection du maire, qui relève ensuite du conseil municipal. Une subtilité du droit électoral qui permet de contourner, avec le sourire, les effets parfois inattendus de la nouvelle règle.
Ce cas de figure n’est d’ailleurs pas isolé. Dans l’Orne, une situation comparable s’est produite à La Chapelle-au-Moine, où la maire sortante Agnès Morice s’est trouvée confrontée à la même gymnastique réglementaire.
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Preuve que la politique locale, même dans les plus petites communes, peut parfois ressembler à une partition bien réglée… où le fameux « chabada » impose aux listes un rythme quelques fois à contretemps.