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Orne. Déchets ménagers : « à la campagne, on trie deux fois plus qu’en ville »... |
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Même si les Normands sont encore loin des Bretons en matière de tri sélectif (73 kg contre 100), ils sont au-dessus de la moyenne nationale (70 kg). © Archives Ouest-France
Emballages, papiers, verre… Avec 73 kg par habitant et par an, les Ornais sont plutôt bons élèves en matière de tri sélectif. En 2021, la simplification envisagée du tri, notamment à Alençon, pourrait encore améliorer ces bons chiffres.
Citeo est une entreprise privée (avec un agrément de l’État) spécialisée dans le recyclage des emballages ménagers. Elle est née en 2017, issue de la fusion d’Eco-Emballages (qui existait depuis 1992) et d’Ecofolio. Entretien avec Frédéric Quintard, directeur régional de Citéo, qui répond à nos questions sur le tri sélectif en Normandie et dans l’Orne.
En Normandie, 174 000 tonnes d’emballages et de verre ont été triées en 2019. Qu’est-ce que cela représente au niveau environnemental ?
Cela a permis d’éviter 79 000 tonnes de CO2. Un chiffre qui correspond aux émissions produites par 39 000 voitures qui rouleraient sans s’arrêter pendant toute l’année.
Et les 65 000 tonnes de papier triées par les Normands ?
Cela représente une économie de 1,2 milliard de litres d’eau, soit l’équivalent de 4 000 piscines olympiques.
En matière de tri des déchets, comment les Ornais se comportent-ils ?
Plutôt bien : selon les chiffres 2019, près de 73 kg d’emballages ménagers et papiers ont été triés en moyenne par habitant et par an dans l’Orne. C’est un tout petit plus que la moyenne régionale (72,40 kg), elle-même supérieure à la moyenne nationale (70 kg).
Les Normands sont encore loin des Bretons (100 kg/habitant/an). Qu’est-ce que les Ornais trient le plus ?
D’abord le verre (35 kg par habitant chaque année), puis les emballages légers que sont les cartons, les briques de lait, les bouteilles plastique (20 kg/an) et le papier (18 kg). Ces chiffres sont en légère hausse d’une année sur l’autre (+1,96 %).
On trie davantage en ville ou quand on vit en milieu rural ?
On trie deux fois plus quand on habite en campagne que si on réside en ville. Le profil du meilleur trieur, c’est un retraité propriétaire de son pavillon, en campagne. Car il a davantage d’espace, de temps et est plus soucieux de son environnement.
A contrario, quand on est locataire dans un HLM…
On a moins de temps, les habitudes de consommation comportent davantage de produits emballés et le turn-over des habitants est plus rapide. Or le tri, c’est aussi une bonne habitude à prendre.
Existe-t-il des marges de progression dans le tri ?
Absolument. En France, 70 % des emballages et 57 % du papier sont recyclés, on peut donc faire mieux. D’autant plus que si 89 % des Français disent savoir ce qu’il faut trier, seuls 51 % le font de façon systématique.
Quels sont les leviers pour que le tri entre mieux dans les habitudes ?
Étendre le nombre de zones d’extension consignes de tri (ECT). Ce sont les endroits où l’on simplifie les gestes de tri, où les bouteilles plastique, le carton et le papier vont dans un même sac jaune, par exemple. La moitié des Français sont en zone ECT. En Normandie, le pourcentage est meilleur avec 60 % du territoire couvert.
Et dans l’Orne ?
C’est encore mieux : 70 %. D’ici à la fin de l’année prochaine, nous espérons que toute l’Orne sera dans cette configuration. Il devrait donc y avoir une simplification du tri dans les intercommunalités d’Alençon, Tinchebray, Domfront ou du Merlerault, notamment.
La crise sanitaire a-t-elle impacté les habitudes de tri ?
Nous n’avons pas encore les chiffres de 2020, mais a priori, il ne devrait pas y avoir de grande évolution. Selon une étude menée après le confinement du printemps, 78 % des Français ont dit avoir conservé leurs gestes de tri pendant cette période et 18 % ont même été plus attentifs que d’habitude.