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Orne. Gens du voyage : plusieurs installations illégales autour d’Alençon... |
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Une petite communauté de gens du voyage s’est installée au début de l’été 2021 sur le parking de l’ancien restaurant Courtepaille, à Cerisé. © OUEST-FRANCE
Une dizaine de caravanes sont stationnées depuis environ trois mois sur le parking de l’ancien restaurant Courtepaille, à Cerisé, dans l’Orne. À Valframbert, six caravanes se sont installées dans le bourg, pendant quelques jours. Les aires d’accueil officielles sont pleines et l’aire de grand passage, obligatoire dans chaque département depuis 2000, n’est toujours pas ouverte dans l’Orne.
Voilà maintenant trois mois qu’une communauté de gens du voyage s’est installée sur le parking de l’ancien restaurant Courtepaille, à Cerisé, aux portes d’Alençon, dans l’Orne. On dénombre une dizaine de caravanes, quelques camions, une piscine gonflable et de gros tas de ferraille.
Une installation qui laisse penser que cette communauté ne voyage pas beaucoup. « Ce sont des locaux, quasi sédentaires », confirme Patrick Cousin, le maire de Cerisé.
Le restaurant Courtepaille ayant fermé du jour au lendemain, après le premier confinement, la communauté installée là ne gêne pas grand monde, si ce n’est les entreprises alentours. Mais la terrasse de l’enseigne a été transformée en latrines à ciel ouvert.
Mise en demeure de partir
« C’est un terrain privé, souligne Patrick Cousin. La seule chose que je peux faire, c’est alerter le président de la communauté urbaine d’Alençon (CUA), qui a en charge la gestion des aires d’accueil des gens du voyage. » Ce qu’il a fait. La procédure veut ensuite que le président de la CUA prévienne la préfète, seule à pouvoir adresser une mise en demeure de partir.
« En général, quand ils reçoivent le courrier ils s’en vont, déclare Julien Henrard, directeur du cabinet de la préfète de l’Orne. Depuis un an, il n’y a jamais eu besoin de faire intervenir les forces de l’ordre. »
Deux aires d’accueil
La CUA compte deux aires d’accueil officielles : une à Arçonnay et une à Valframbert. Celle de Valframbert affiche complet. Quinze familles y vivent, soit trente caravanes. « Les enfants sont scolarisés chez nous », informe Francis Aïvar, le maire de Valframbert. Les communautés de passage sont donc contraintes de s’installer de manière illégale, la plupart du temps dans les zones industrielles.

Stationnement pendant une semaine à Valframbert. Ouest-France
En début de semaine, une petite communauté (six caravanes) s’est installée dans le bourg de Valframbert, sur l’espace Pré-Neuf. « Ils venaient de faire une très longue route depuis un rassemblement national évangéliste, raconte Francis Aïvar. Ils avaient besoin de se reposer quelques jours. Ils m’ont demandé, avec une très grande correction, l’autorisation de rester jusqu’à vendredi [20 août], ce que j’ai accepté. » Vendredi matin, la moitié des caravanes étaient déjà parties.
Toujours pas d’aire de grand passage
Cette communauté aurait dû pouvoir s’arrêter sur une aire de grand passage, obligatoire dans chaque département depuis 2000. Mais l’Orne n’en est toujours pas pourvue. Un projet est en cours à Saint-Germain-de-Clairefeuille près de Nonant-le-Pin, mais n’a pas encore abouti. « En attendant, le risque, c’est de voir arriver un très grand nombre de caravanes sur un terrain qui n’est pas prévu pour ça, note Francis Aïvar. C’est arrivé en 2017 : ils avaient investi un tiers du terrain d’aviation. »