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Orne. Les contours de l’aire de grand passage se précisent... |
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L’aire de grand passage sera située à Saint-Germain-de-Clairefeuille, près de l’autoroute et de la voie de chemin de fer. © Capture d’écran Géoportail
Cet espace sera aménagé à Saint-Germain-de-Clairefeuille pour accueillir les Gens du voyage pendant de courtes périodes. Les treize communautés de communes ornaises doivent abonder au projet.
« Tous les départements sont soumis par la loi à l’obligation de disposer d’une aire de ce type [depuis 2000, N.D.L.R.], rappelle Chantal Castelnot, préfète. L’Orne, en l’absence d’un tel terrain, est dans l’illégalité et j’ai poussé pour que cela change. » Présenté en réunion publique en avril 2018, le projet d’une aire de grand passage à Saint-Germain-de-Clairefeuille s’est d’abord attiré de franches manifestations d’hostilité. De la part de riverains mais aussi d’opposants au centre d’enfouissement de GDE à Nonant-le-Pin. « Depuis, les choses semblent s’être tassées », tempère la préfète de l’Orne.
Pourquoi Saint-Germain-de-Clairefeuille a-t-elle été choisie pour accueillir l’aire ?
Selon Chantal Castelnot, « il fallait un terrain qui soit relié à une voirie suffisamment large pour laisser passer les convois de caravanes, situé à proximité des grands axes de circulation qu’ils empruntent et qui soit vaste d’au moins deux hectares… » Accepté par les Gens du voyage, ce terrain de plus de 4 ha, situé entre l’autoroute, la D 92 et la voie ferrée, cochait toutes les cases. La Communauté de communes des Vallées d’Auge et du Merlerault a voté, en juillet 2018, en faveur de la création de cette aire.
À quoi servait ce terrain ?
« Il appartient à un propriétaire privé avec lequel nous affinons la négociation, indique la préfète. Des dépôts de matériaux y ont été faits lors de la construction de l’autoroute [l’A28, NDLR]. Partiellement empierré, ce terrain pourrait difficilement être affecté, en l’état, à une quelconque activité. »
Quelle sera la fonction de cette aire de grand passage ?
« Elle sera destinée à accueillir ponctuellement les communautés de Gens du voyage, principalement à la belle saison, alors qu’elles sont en chemin pour des rassemblements religieux », décrit Chantal Castelnot. Elle prévient : « Il sera désormais possible de verbaliser ceux qui s’installeraient en dehors de cette aire. »
Quelles seront ses caractéristiques ?
Le projet comprend des emplacements pour 200 caravanes, un accès à l’eau potable et à des sanitaires, une alimentation technique sécurisée, ou encore le recueil des eaux usées. « Les communautés de Gens du voyage ne s’attardant pas sur ces aires, les aménagements y sont somme toute assez sommaires », convient Chantal Castelnot, évoquant néanmoins la mise en place d’un dispositif pour isoler l’aire des bruits de l’autoroute et de la voie ferrée. La maîtrise d’ouvrage de l’aire est confiée à la communauté de communes des Vallées d’Auge et du Merlerault : « L’aire devrait être prête à l’été 2020 », augure la préfète.
Qui supporte le coût de ce projet ?
Ce coût, estimé à quelque 265 000 €, comprend l’achat du terrain et son aménagement. « L’État subventionne le projet à hauteur de 80 %, c’est le maximum que l’on puisse faire », insiste Chantal Castelnot. Les 20 % restant seront à la charge des treize intercommunalités de l’Orne qui votent actuellement, tour à tour, la somme qu’elles flécheront vers le projet, en fonction de leur poids économique dans le département. Les coûts de fonctionnement annuels de l’aire, estimés à 10 000 €, seront également répartis entre les communautés de communes, selon la même clé de répartition. Les Gens du voyage qui s’arrêteront sur l’aire auront à s’acquitter d’une redevance d’occupation.