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Orne. La société Adiamix, placée en redressement judiciaire... |
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La société Adiamix est implantée à Alençon, depuis 2002 et dispose aussi d’un site, au Sap-en-Auge. © Capture d’écran google street view
Cette entreprise spécialisée dans la fabrication de pièces métalliques destinées à l’industrie emploie 80 salariés à Alençon et au Sap-en-Auge. Une période d’observation de six mois a été ordonnée par le tribunal de commerce de Clermont-Ferrand.
Les salariés d’Adiamix pressentaient la mauvaise nouvelle. « La majeure partie d’entre nous a repris le travail, en avril, après une quinzaine de jours de confinement, fin mars. Or, notre salaire d’avril ne nous a pas été versé, » alertait, inquiet, un salarié, mi-mai. Une semaine plus tard, « nous avons tous touché entre 600 et 700 € mais on nous a dit que c’était une avance sur le mois de mai, partage la même source. Nous avons appris que la société était en redressement judiciaire. »
Adiamix, société dont le siège social est à Alençon mais qui dispose également d’une antenne, au Sap-en-Auge et d’un troisième site, à Rillieux-la-Pape, dans le Rhône, est spécialisée dans la production de pièces métalliques pour l’industrie. L’entreprise est par ailleurs une filiale de Diam Group, dont le siège se trouve dans le Puy-de-Dôme. C’est ainsi que le tribunal de commerce de Clermont-Ferrand a été amené à se prononcer, le 15 mai, sur l’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire à l’encontre d’Adiamix.
La crise sanitaire, un facteur aggravant
Le tribunal a fixé à six mois la période d’observation de l’entreprise : le 29 octobre 2020, il rendra son jugement quant à la poursuite de cette phase, à une cessation partielle d’activité ou à une éventuelle liquidation judiciaire si ce redressement apparaissait « impossible ».
Christophe Chervin, président de Diam Group reconnaît : « Adiamix a abordé la crise sanitaire actuelle en situation déjà délicate, l’un de ses trois établissements étant déficitaire. Le contexte n’a rien arrangé...» Selon lui, « cette procédure de redressement judiciaire est la seule façon de sauver les deux établissements normands qui ne sont pas des foyers de perte. C’est une décision qui s’inscrit dans une stratégie de survie pour ces sites et on va tout faire pour que cela fonctionne.»
Il rappelle que les équipementiers automobiles ou encore l’aéronautique figurent parmi les clients historiques d’Adiamix et ne cache pas : « La période qui s’ouvre devant nous va être très compliquée car ces clients sont fortement concernés par la crise actuelle. Il y aura une reprise d’activité dans ces secteurs mais quand ? Je ne suis pas sûr qu’on en sache beaucoup plus, dans six mois.»
80 salariés dans l’Orne
Quant au paiement des salaires du mois d’avril, Christophe Chervin se veut rassurant : «Ils sont sur le compte de l’entreprise et seront versés mais le processus administratif, déjà long en temps ordinaire, prend encore plus de temps alors que l’entreprise a aussi bénéficié de chômage partiel. Mais les salariés seront payés.» Le patron pourrait se rendre en Normandie, dans les prochains jours, pour rencontrer ses employés.
À Alençon, l’entreprise s’est installée, en 2002, dans l’ancien site Moulinex où elle emploie actuellement une quarantaine de salariés, tout comme au Sap-en-Auge (37 salariés), un site entré dans son giron, en 2016. En tout, 111 personnes travaillent dans l’ensemble des usines de la société qui a réalisé un chiffre d’affaires de quelque 16, 5 millions d’euros, en 2019.