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Orne. Qu’est-ce que ce couloir de la mort, au pied de Mont-Ormel ?... |
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Les combats de la Poche ont conduit à la mort de milliers de soldats, de dizaines de civils et à la destruction d’un volume très important de matériel militaire. L’étroite zone par laquelle les troupes allemandes ont tenté de fuir a été appelée « couloir de la mort ». © Ouest-France Archives
La question bête (2/5). Des panneaux placés le long des routes, à Chambois, Saint-Lambert-sur-Dive ou encore Coudehard indiquent aux automobilistes qu’ils empruntent ce corridor au nom macabre.
Un couloir de la mort… Outre-Rhin, quelques témoignages et récits sont les premiers, après la Seconde Guerre mondiale, à caractériser ainsi les routes et chemins empruntés par les soldats allemands pour tenter de fuir l’encerclement des Alliés. « Ce terme, malgré tout, restait anecdotique jusqu’à ce que la revue britannique After the battle, the Falaise Pocket s’en empare, en 1974, relate Stéphane Jonot, directeur du mémorial de Mont-Ormel. Ce magazine mettait en parallèle des photos d’archives prises pendant la bataille et des clichés montrant les mêmes emplacements, trente ans plus tard. »
L’initiative a rencontré un vif succès, y compris en France où la revue s’est arrachée dès sa parution, en particulier là où les combats avaient marqué les esprits. Le terme couloir (« corridor », en anglais) de la mort s’est imposé. À tel point qu’un premier panneau portant mention de cette appellation avait été installé, dès cette époque, au niveau du Gué de Moissy, l’un des hauts lieux de la retraite allemande.
Un site classé
En 2006, la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement classe « Grand site » ce couloir de la mort. Ce classement vise à conserver les caractéristiques de cet espace de 2000 ha, notamment en termes de paysages. Il s’est accompagné du déploiement de nouveaux panneaux, dans la zone concernée à savoir Saint-Lambert-sur-Dive et certaines parcelles des communes de Tournai-sur-Dive, Chambois, Neauphes-sur-Dive, Aubry-en-Exmes, Omméel, Mont-Ormel et Coudehard.
Ce couloir de la mort ne suit pas une route à proprement parler. La définition qu’en a donnée Jacques Longuet des Diguères, ancien maire de Saint-Lambert-sur-Dive décédé en juin 2016, semble à ce jour la plus précise : « Le couloir de la mort commence une fois la Dives franchie et c’est la bande de terrain qui aboutit au pied de la colline où est construit le mémorial, à Coudehard. »