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Pays d’Alençon. Plus autonome sur sa ferme grâce à Terre de liens... |
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Sur les terres dont Cédric Babin est locataire grâce à l’association Terre de liens (représentée ici par Brigitte Rozoy), le producteur a récolté suffisamment de céréales pour nourrir ses volailles pendant un an. © OUEST-FRANCE
Cédric Babin, producteur de volailles bio à Fontenay-les-Louvets, est désormais locataire des terres de l’association Terre de liens, qui investit pour pallier la disparition des terres agricoles. Il organise une porte ouverte, samedi 11 septembre 2021 à partir de 14 h, pour présenter sa ferme et découvrir l’association.
Depuis 2014, Cédric Babin produit des volailles bio au lieu-dit les Gaudinières, à Fontenai-les-Louvets. Si l’enfant du pays est parti de zéro, aujourd’hui, son affaire tourne. « Je fais un tiers de mon chiffre d’affaires en vente directe, à la ferme et sur le marché d’Alençon, le jeudi et le samedi, un tiers dans les magasins bio de l’Orne et des départements limitrophes et un tiers de mes ventes à Paris, avec le collectif percheron. »
Depuis quelques mois, le producteur se sentait un peu à l’étroit sur ses 30, puis 42 hectares. « Ma logique, c’est d’être le plus autonome possible. Je voulais produire mes céréales à la ferme pour nourrir mes volailles. »
En 2020, Cédric repère treize hectares à vendre à Sées, au lieu-dit les Clous, de l’autre côté de la forêt d’Écouves. Le hic, c’est qu’il n’a pas les moyens de les acheter. Le producteur fait donc appel à Terre de liens, une association qui achète des terres agricoles pour les louer à des petits producteurs bio.
Un département disparaît tous les sept ans
« L’équivalent d’un département de terres agricoles disparaît tous les sept ans, informe Brigitte Rozoy, l’une des administratrices de Terre de liens. Ces surfaces sont soit vendues à de très grosses exploitations, ce qui favorise l’agriculture intensive, soit bétonnées. » Pour remédier à cela, l’association acquiert des terres grâce à des legs et des dons ou via l’épargne solidaire : toute personne intéressée peut acheter une action – 100 € en moyenne – et récupérer la somme investie quelques années plus tard. « 80 % de nos investisseurs sont des petites gens, confie Brigitte Rozoy. Des personnes convaincues du bien-fondé de notre action. »

Cédric Babin, producteur de volailles bio, et Brigitte Rozoy, administratrice de la fédération Terre de liens. OUEST-FRANCE
Terre de liens a donc acheté les treize hectares prisés par Cédric Babin en janvier 2021, pour les lui louer. « Au prix du marché, précise ce dernier. L’objectif n’est pas de faire baisser ni monter les prix, mais d’estimer au mieux la valeur de la terre. » En plus du loyer, le producteur s’engage à respecter l’environnement sur les parcelles louées. « On ne doit pas arracher de haie, drainer, boucher de fossé ni être en monoculture. Pour les riverains, c’est intéressant d’avoir Terre de liens comme voisin : ils sont sûrs qu’il n’y aura pas de pesticide à côté de chez eux ! »
Pour faire connaître l’association,Cédric Babin organise une porte ouverte, samedi 11 septembre. « Il faut penser aux autres maintenant ! » Dans l’Orne, Terre de liens possède 223 hectares. 113 hectares sont en cours d’acquisition.
Samedi 11 septembre 2021, de 14 h à 18 h, visite de la ferme et découverte de l’association Terre de liens. Repas partagé (chacun apporte son pique-nique et produits de la ferme à acheter sur place) à partir de 18 h 30. À 20 h 30, soirée sur le brame du cerf animée par l’association découverte de la nature (ADN).