|
Peinture, sculpture et photographie : trois femmes ouvrent la 7 Galerie à Mortagne-au-Perche... |
1
De gauche à droite : Isabelle Petit, Florence Kami et Frédérique-Marie Lamouret dans la 7 Galerie. © Ouest-France
Trois univers d’artistes, de femmes, se marient en ce lieu neuf de la rue Sainte-Croix, à Mortagne-au-Perche. Isabelle Petit, peintre ; Florence Kami, sculptrice et Frédérique-Marie Lamouret, photographe, ouvrent la 7 Galerie pour exposer leur travail. C’est ouvert le vendredi et le samedi.
Trois artistes, trois femmes, ont ouvert la 7 Galerie, à Mortagne-au-Perche (Orne). Isabelle Petit explique : « La peinture s’impose à moi de manière physique. Elle raconte mes monstres et elle est narrative. » Marquée par une enfance africaine, pleine de masques et de statues, l’artiste sait recourir au langage onirique. Le vivant happe son regard, l’humain avec ce qu’il a d’animal.
Mais l’eau est l’autre versant de son exercice : « Influencée par l’eau, qu’elles soient mouvantes ou stagnantes, les étangs. La lumière, la couleur prédominent. J’aime traduire, raconter alors le mouvement, l’ombre et la lumière, les teintes changeantes. Je travaille encore rapidement, sans préparation. » Transmettre ses sensations et ses humeurs, sans le filtre intellectuel ou de la réflexion, est le fil qui guide le chemin artistique de cette graphiste de formation laquelle a écrit et illustré des livres pour enfants.
Détourner l’utilisation première
Florence Kami aime mélanger les matériaux. Ses sculptures, lampes ou objets ballaient les conformismes. « Touche-à -tout depuis toujours il m’a fallu du temps pour assumer. Aujourd’hui, j’accepte cette diversité, et j’en fais un levier dans ma création. L’acier et la céramique, les sensations qui leur sont attachées et les techniques tellement éloignées l’une de l’autre, ou bien même leur temporalité » ouvrent le champ de sa réflexion. « Mon art permet aussi de travailler avec des matériaux et des objets de récupération. C’est enthousiasmant de détourner l’utilisation première des objets chinés. » Florence Kami refuse l’enfermement d’une unique activité, fait des allers et retours entre la sculpture et le design.
Journaliste, Frédérique-Marie Lamouret a retrouvé la photographie de ses débuts au détour d’un burn-out il y a deux ans. « Témoin des faits comme journaliste et militante, j’ai raconté les histoires de mes contemporains, pour donner vie et voix à des silhouettes anonymes. J’ai prêté ma plume aux plus fragiles pour que d’autres se sentent moins isolés, donnant du sens à ma pratique et plus largement à ma vie. Au risque de presque m’en oublier puis un jour de ne plus supporter le fossé qui s’élargissait entre mes valeurs et ce que je poursuivais. »
Aujourd’hui, elle éprouve le puissant désir de se souvenir des instants où son cerveau parvient à se fixer durant ses déambulations. Elle entend donner à voir la relation viscérale qu’elle vit avec les choses et les gens, partageant la réalité telle qu’elle la voit. Une démarche également thérapeutique qu’elle raconte en image.
7 Galerie, 7, rue Sainte-Croix, ouvert le vendredi après-midi, de 14 h 30 à 18 h 30 et le samedi, de 10 h à 13 h et de 14 h 30 à 19 h.