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Poissons morts dans le fleuve l’Orne : pollution aquatique entre Argentan et Goulet... |
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Des inspecteurs de l’Office français de la biodiversité mènent une enquête pour déterminer l’origine de la pollution autour d’Argentan et ses conséquences (photo d’illustration). © Archives Ouest-France
Poissons morts et écrevisses en mal d’oxygène ont été retrouvés, mercredi 9 octobre 2024, dans le fleuve l’Orne, entre Argentan et Goulet, commune déléguée de Monts-sur-Orne. Le parquet d’Argentan a ordonné une enquête, menée par l’Office français de la biodiversité et la Direction régionale de l’environnement.
L’alerte a été donnée mercredi 9 octobre 2024, vers 15 h. Sur le fleuve l’Orne, entre Argentan et Goulet (commune déléguée de Monts-sur-Orne), de nombreux poissons flottaient, le ventre en l’air. D’autres, ainsi que des écrevisses, mal en point mais encore en vie, en cours d’asphyxie, cherchaient de l’air pour respirer.
L’office de la biodiversité et la Dreal mènent l’enquête
Mise au courant, la Fédération de pêche de l’Orne a aussitôt alerté l’Office français de la biodiversité (OFB), en charge de la police de l’eau et de l’environnement. Depuis mercredi et toute cette journée de jeudi, des techniciens de l’OFB et d’autres de la Direction régionale de l’environnement (Dreal) mènent des investigations, une enquête pilotée par le parquet d’Argentan.
« Nous cherchons à savoir d’où vient cette pollution, et essayons de mesurer l’ampleur de la mortalité piscicole dont nous ne connaissons pas l’ampleur », indique le ministère public.
Du côté de Goulet où le flux polluant est arrivé, un certain nombre de poissons (brochets de 60 cm, brêmes, gardons) ont été retrouvés morts. Ce qui fait dire à Jean-Paul Doron, président départemental de la Fédération de pêche, qu’on se trouve « face à une pollution grave, les poissons ne meurent pas sans raison… »
Président de la Gaule argentanaise, Christian Madelaine a, lui aussi, constaté des poissons morts « et des écrevisses qui pipaient l’air », au déversoir de Goulet, au lieu-dit le Logis. « Mais il n’est pas facile de voir ce qu’il se passe, la rivière est trouble, on est en montée d’eau à cause des récentes précipitations. »
L’hypothèse de jus d’ensilage
Le premier travail des enquêteurs a été de faire des prélèvements et de remonter le cours d’eau pour trouver l’origine de cette pollution. Les investigations du côté de la station d’épuration d’Argentan n’ont rien donné.
Si Jean-Paul Doron évoque l’hypothèse de « jus d’ensilage » comme étant la cause possible de cette pollution, le parquet estime qu’il est encore un peu tôt avant de tirer les conclusions. « L’enquête en cours permettra de savoir si cette pollution est imputable à quelqu’un ou à une installation classée pour la protection de l’environnement (ICPE). »