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Près d’Argentan. Claque-pépin exporte le bio à l’international... |
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Benoît Louvet possède 44 hectares de vergers. © Ouest-France
Engagés dans le bio. Benoît Louvet est le gérant de la cidrerie Claque-pépin située dans l’ancienne ferme du château de Serans, près d’Argentan (Orne). Depuis 2005, il exporte ses produits issus de l’agriculture biologique à l’international.
« Je ne concevais pas de faire un verger autrement qu’en bio », affirme Benoît Louvet, gérant de la cidrerie Claque-pépin située à Serans, près d’Argentan (Orne). En 2005, alors qu’il a 37 ans, Benoît quitte son travail à Paris pour reprendre la ferme de ses parents. Il décide de se lancer dans la production de calvados, de poiré ou encore de cidre biologique : « On était très peu à le faire à l’époque. On nous comptait sur les doigts de la main. »
Pour la production, Claque-pépin possède 44 hectares de vergers. L’exploitant se doit de respecter les consignes imposées par le label d’agriculture biologique (AB). « On enlève les mauvaises herbes à la main. En produit phytosanitaire, on n’utilise que du soufre. On peut avoir des années avec un rendement très faible mais ça ne m’a jamais découragé. »
En contrepartie, il faut que le consommateur accepte de payer les produits plus cher. Mais pour Benoît Louvet, le client est gagnant : « L’arôme est différent. Pour moi, c’est largement meilleur ! »
« Un produit bio et français, ça marche bien »
La production de spiritueux bio permet à Claque-pépin de s’ouvrir à l’international. Les bouteilles de la cidrerie sont présentes aux États-Unis, en Chine, au Japon et dans une partie de l’Europe de l’Ouest.
Benoît Louvet a fait le choix d’exporter sa production dès 2005, avec les États-Unis comme premier objectif : « Le calvados est de plus en plus dur à vendre. Ce n’est pas un alcool en croissance en France. Il faut donc exporter. Aux États-Unis, un produit bio et français, ça marche bien. »
Pour avoir le droit d’exporter du calvados, les démarches ont duré plus d’un an. Pour être reconnu comme agriculteur biologique outre-Atlantique, il a fallu obtenir le label USDA. Pour la Chine, le gérant a aussi connu des difficultés. Les démarches se sont éternisées. Commencées en 2015, elles se sont concrétisées par une première commande en mars 2020.
L’opportunité allemande
En France, l’épidémie de coronavirus a relancé la consommation locale des produits bio. Une tendance que beaucoup d’agriculteurs comme Benoît Louvet voient s’essouffler : « Au début du Covid, l’export s’est arrêté et le marché français a explosé. Aujourd’hui, l’export repart, la France ralentit. »
L’agriculteur normand ne perd pas espoir de poursuivre son développement au niveau local. Il souhaite aussi s’implanter plus largement en Allemagne. Deuxième marché mondial du calvados, le pays allemand devrait rapidement voir de plus en plus de bouteilles Claque-pépin dans ses rayons.