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Prise d’otage à la prison d’Alençon-Condé : quatorze ans de réclusion requis contre Francis Dorffer... |
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Francis Dorffer et son avocat, Me Thomas Hellenbrand. © Ouest-France
Le parquet a requis quatorze ans de réclusion criminelle à l’encontre de Francis Dorffer, ce vendredi 20 septembre 2024 devant la cour d’assises de l’Orne. Le détenu avait pris en otage deux surveillants du centre pénitentiaire d’Alençon-Condé-sur-Sarthe (Orne), le 11 juin 2019. Le verdict sera rendu dans l’après-midi.
Le parquet d’Alençon a requis quatorze ans de réclusion criminelle à l’encontre de Francis Dorffer, pour sa sixième prise d’otage en milieu carcéral, ce vendredi 20 septembre 2024. L’homme de 40 ans est jugé depuis la veille pour avoir séquestré deux surveillants du centre pénitentiaire de Condé-sur-Sarthe (Orne), le 11 juin 2019.
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Chargé de la distribution des repas, le détenu avait pris en otage les deux agents qui l’accompagnaient, ce soir-là à 19 h 20, en les forçant à rester dans sa cellule sous la menace d’armes artisanales. Ils ont été libérés à 23 h 15 pour le premier, à 0 h 20 pour la seconde.
« Il n’a aucune excuse ! »
Comme à chaque prise d’otage, Francis Dorffer avait justifié son passage à l’acte par sa volonté d’un transfert vers une autre prison, tout en dénonçant ses conditions de détention. « Il n’a aucune excuse pour son geste !, a pourtant fustigé l’avocate générale, Amandine Bogaer t. On retrouve les mêmes éléments de langage qu’à chacun de ses procès. » L’homme a déjà comparu à quatre reprises devant des cours d’assises pour cinq prises d’otage, entre 2006 et 2017.
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« L’entendre dire que ce serait la faute de l’administration pénitentiaire, c’est faux, dénonce-t-elle. Il y a 76 000 détenus en France, pour 61 000 places. Pourquoi les cours d’assises ne sont pas pleines de ces détenus pour des faits similaires ? Car le dénominateur commun des procès de Francis Dorffer… c’est Francis Dorffer ! »
« Il se victimise »
Elle estime que le détenu « se victimise » et qu’il « n’a pas cheminé depuis ces cinq dernières années », contrairement à ce qu’il a assuré la veille. « Il n’y a même aucun changement depuis vingt-quatre ans. Il transgresse les règles, c’est sa manière de se sentir vivant. S’il est calme en prison depuis cinq ans, c’est parce qu’il est plus encadré. »
Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité, mais le parquet considère néanmoins que ce ne serait pas une peine adaptée : « Ça n’aurait aucun sens car on sait que s’il n’a aucun horizon de sortie, ça devient dangereux pour les agents. » Ainsi, elle requiert une peine de quatorze ans de réclusion criminelle. Le verdict est attendu dans l’après-midi de ce vendredi 20 septembre 2024.