|
Que vaut le film « Ella McCay », qui sort en France directement sur Disney+ après un échec aux États-Unis ?... |
1
« Ella MacCay » de James L. Brooks. © Disney +
Échec injuste dans les salles américaines, le nouveau film du réalisateur de « Pour le pire et pour le meilleur » se révèle une fable comique et politique d’une grande finesse. « Ella McCay » est disponible dès ce jeudi 5 février sur Disney+.
C’est un film un peu hors du temps, qui semble surgir d’une autre époque. Une fable comique et politique empruntant son idéalisme aux classiques de Frank Capra (L’Extravagant Mr. Deeds, Mr. Smith au Sénat) et aux séries d’Aaron Sorkin (A la Maison-Blanche). Signé James L. Brooks, réalisateur délicat, réputé pour ses comédies dramatiques sophistiquées comme Tendres Passions ou Pour le pire et pour le meilleur, Ella McCay a connu un sévère échec commercial dans les salles américaines, et sort en conséquence en France directement sur la plateforme Disney+.
Un portrait pétillant
Comme conscient du caractère un brin désuet de son propre film, Brooks en a situé le récit en 2008, année de la première élection d’Obama. Une période historique dépeinte en voix off comme cette époque où les Américains « s’aimaient encore les uns les autres ». L’intrigue suit une jeune politicienne (la Ella McCay du titre, jouée par sa quasi-homonyme Emma Mackey, actrice de la série Sex Education ), qui se retrouve propulsée du jour au lendemain gouverneure de son État. Au moment où elle doit faire face à plusieurs problèmes personnels, entre un père indigne (Woody Harrelson) qui cherche à obtenir son pardon, et un mari hypocrite (Jack Lowden), dont elle se demande s’il est vraiment l’homme de sa vie.
Le film dresse le portrait de cette trentenaire prise dans le tourbillon de ses doutes, de ses atermoiements existentiels, à l’aide de dialogues brillants et d’une mise en scène constamment inventive. Comment concilier ses aspirations personnelles tout en œuvrant pour le bien commun ? Comment ressusciter l’espoir en affrontant la vérité ? Des questions au fond pas si inactuelles que ça, que pose ce film pétillant, à la recherche du secret perdu des grandes comédies américaines de l’âge d’or. Y compris dans les partitions qu’il offre à l’ensemble de son casting qui se régale avec gourmandise des morceaux de bravoure écrits par un James L. Brooks très inspiré. Et à ce petit jeu- là , Jamie Lee Curtis se révèle particulièrement savoureuse.
1 h 55. Sur Disney+.