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Quelles pistes pour réduire les dépenses publiques ?... |
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Remettre à plat les dépenses publiques de santé fait partie des suggestions du rapport du Conseil d'analyse économique. © Fotolia
Le Conseil d’analyse économique, organisme placé auprès du Premier ministre, s’est penché sur la manière de réduire les dépenses de l’État. Ce rapport intéresse le gouvernement, qui veut stabiliser la dépense publique en 2018.
Voilà du grain à moudre pour le gouvernement. Alors que le Premier ministre a indiqué, mardi, vouloir stabiliser la dépense publique en 2018, le Conseil d’analyse économique (CAE) s’est penché sur les moyens d’y parvenir.
Un état des lieux, d’abord : les dépenses publiques ne cessent d’augmenter depuis trente ans. Elles représentaient, en 2015, 57 % de la création de richesses en France (Produit intérieur brut, PIB), contre 48,5 % en moyenne pour les pays de l’OCDE.
Seuls deux pays scandinaves (Danemark et Finlande), dépensent autant, constate le CAE dans un rapport publié hier. Il faut remonter à 1974 pour trouver un budget équilibré. 43 ans.
Réduire l’emploi public ?
Surprise : « L’emploi public dans son ensemble ne semble pas être à l’origine » des dépenses supplémentaires faites par la France comparée aux autres pays de l’OCDE. C’est pourtant un axe d’économies tracé par le nouveau gouvernement, qui veut réduire de 120 000 le nombre de fonctionnaires. Le problème vient plutôt du fait qu’il y a « un niveau plus élevé des dépenses en France pour la majorité des missions ».
Particulièrement, santé et protection sociale (retraites, aides au logement, dépenses liées à la famille et la santé,…) « représentent 5,5 points de PIB (Produit intérieur brut) de plus en France qu’en moyenne dans la zone euro », souligne l’organisme. Des dépenses qui relèvent d’un « choix de société ».
Comment s’y prendre pour réduire les dépenses ? Les pays qui ont le mieux réussi ont été sélectifs, « avec des coupes fortes sur certains postes », a constaté le CAE.
Différents secteurs
Pour la France, il évoque plusieurs « pistes pour revoir les dépenses publiques », dans différents secteurs.
La politique du logement, par exemple, pourrait être remise à plat car elle profite aujourd’hui surtout aux propriétaires bailleurs. Le CAE propose aussi de revoir le dispositif des aides à l’agriculture, aujourd’hui conditionnées aux surfaces exploitées.
Également pointées, les dépenses publiques de santé : le CAE suggère par exemple de « concentrer la couverture de base sur un panier de soins solidaire et de recentrer les assurances facultatives sur la couverture des soins hors du panier ». Avec une franchise annuelle.