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REPORTAGE. Pour les élus, la légitimité passe par la formation... |
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Des formations sont proposées à tous les élus de Flers agglo. Ici, le samedi 18 septembre au domaine de Pont-Ramond, à La Chapelle-au-Moine, dans l’Orne. © Ouest-France
Tous les élus ont droit à la formation. À Flers agglo, dans l’Orne, ils se retrouvent pour la journée et abordent ensemble des thèmes aussi élémentaires que complexes. Par exemple : les finances d’une intercommunalité.
L’atmosphère est studieuse, ce samedi 18 septembre 2021, au petit gîte de Pont- Ramond à La Chapelle-au-Moine, dans l’Orne. Neuf élus de Flers Agglo sont réunis, bloc-notes et stylo-bille à la main, pour suivre une formation. Ce matin-là , ils vont tenter de « comprendre l’intercommunalité et appréhender les finances locales » sous la houlette de leur formateur Jean-Pascal Bonsignore, ancien élu et cadre territorial fraîchement retraité.
La journée commence doucement, avec une discussion sur l’intérêt des regroupements de communes. Sans faire d’eux des experts, le but de Jean-Pascal Bonsignore est d’aider les conseillers communautaires – nouveaux comme anciens – à comprendre les bases des finances pour voter les délibérations en toute connaissance de cause.
« C’est comme commencer un nouveau travail »
Une science qui ne tombe pas du ciel : de nombreux élus et élues soulignent le manque de préparation technique qu’ils ont eu, lors de leur arrivée à leur poste. « C’est comme commencer un nouveau travail, on est débutants, illustre Chloé Eustache, conseillère communautaire depuis un an et adjointe à Saint-Georges-des-Groseillers. C’est rapidement beaucoup de responsabilités et c’est important de se former pour être légitime. »
Non loin, Anne Gouelibo, maire-adjointe à La Lande-Patry, explique « qu’il faut parfois s’auto-former, sur Internet. Nos collègues nous demandent beaucoup de choses, il faut qu’on maîtrise parce qu’on a des décisions à prendre. » Même Jean-Marie Gaudin, le maire de Bellou-en-Houlme, pourtant aguerri aux subtilités du fonctionnement de l’Agglo, admet que face aux cadres, « quand on ne comprend pas tout, on ne la ramène pas trop… »

Des formations sont proposées à tous les élus de Flers agglo. Ici, le samedi 18 septembre au domaine de Pont-Ramond, à La Chapelle-au-Moine, dans l’Orne. Ouest-France
Tous admettent que les finances, et notamment le budget, sont des affaires très complexes. C’est donc l’objet de cette formation. Après les premières discussions, l’heure est venue d’attaquer le dur : les finances, la Commission locale d’évaluation des charges transférées (Clect) et les attributions de compensations (AC) entre commune et intercommunalité.
Regarder discrètement sur Google
Chantal Corvée, première adjointe au maire de Saint-Georges-des-Groseillers assure qu’il lui arrive, en réunion, de « regarder discrètement sur Internet les sigles qu’elle ne comprend pas » , mais qui sont utilisés couramment par les techniciens. « J’ai fini par me faire un petit carnet rouge avec toutes ces abréviations. » L’élue a aussi décidé d’interrompre quand elle ne comprend pas. « Vous avez raison, d’autres n’osent pas ! » assure Jean-Pascal Bonsignore.
Après trois heures de travail, le président de l’agglo, Yves Goasdoué, rejoint les élus autour d’un plateau-repas froid, pour répondre aux quelques questions laissées en suspens.
Dans l’intercommunalité, les formations aux élus et élues sont proposées depuis plus de vingt ans, avant que cela n’ait été rendu obligatoire par la loi. « Il n’y a pas de vraie démocratie si les élus ne sont pas en situation technique de comprendre ce qui leur est proposé et ce qui est proposé à leur suffrage. [Or], c’est plus compliqué et plus technique d’être un élu maintenant qu’il y a vingt ans. »
Après avoir terminé leur riz au lait, les élus se confrontent à d’autres sujets coriaces, dont les DSP, les PPP et la MOP. À savoir : les délégations de service public, les partenariats publics-privés et la maîtrise d’œuvre dans les marchés publics.