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Sées. Au crématorium, ils accompagnent les familles en deuil... |
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« Nous sommes là pour accompagner les familles, pas pour pleurer avec elle », confie Sébastien Lessieur, responsable du crématorium de Sées. © Delphine Le Normand
Sébastien Lessieur est le responsable du crématorium de Sées. Chaque année, les demandes de crémations sont de plus en plus importantes.
Dans sa vie d’avant, il était agent commercial. Et puis un jour, il en a eu marre. Besoin de changer d’air. À la question du pourquoi il s’est tourné vers le monde funéraire, il est incapable de répondre. Mais, ce dont il est certain aujourd’hui, c’est qu’il ne pourrait plus changer d’univers. À 46 ans, Sébastien Lessieur est depuis deux ans le responsable du crématorium de Sées. « C’est un métier où l’on n’a pas droit à l’erreur mais où la reconnaissance des familles est telle que c’est l’un des rares métiers où l’on vous dit encore merci », glisse-t-il.
L’an dernier, l’endroit a assuré la crémation de 563 défunts. 30 % de plus qu’en 2015 « Et ça ne va aller qu’en grandissant. On sait qu’aujourd’hui, pour 100 décès, 30 personnes font le choix de la crémation. Dans 15 ans, elles seront 50 », ajoute-t-il.
« Tout est possible, dans le respect du défunt »
À Sées, les familles peuvent organiser une cérémonie d’au-revoir pour leurs défunts. « Tout est possible, du moment que cela se fait dans le respect de tous : jouer de la musique, chanter. Et même, depuis peu, nous proposons aux familles d’écrire, si elles le souhaitent, un message sur le cercueil, avec des crayons spéciaux », ajoute Sébastien Lessieur.
Forcément, il y a des moments difficiles quand on choisit d’accompagner les familles endeuillées. « La mort d’un enfant, la perte d’un parent jeune. Même s’il n’existe pas d’échelle pour quantifier la douleur, il y a des décès qui ne sont pas dans l’ordre de la vie. Alors, il faut savoir se protéger soi-même. Car nous sommes là pour accompagner les familles, pas pour pleurer avec elle. »
La plus belle récompense de l’équipe du crématorium de Sées : voir l’apaisement sur les visages à l’issue d’une cérémonie. « C’est là qu’on sait qu’on a été utiles pour la famille. Finalement, notre métier, ce n’est que de l’humain. »
Lire le dossier consacré à la Toussaint dans l'édition Ouest-France Orne de ce lundi 30 octobre 2017, dans le journal papier ou dans sa version numérique.