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Souvenirs du Bocage. « Un pince-sans-rire » devenu comédien... |
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François Morel, originaire de Saint-Georges-des-Groseillers (Orne), ici en 2017 au siège de Ouest-France. © Archives Philippe Renault/OUEST FRANCE
François Morel, comédien et chroniqueur sur les ondes de France Inter, est né à Saint-Georges-des-Groseillers, dans l’Orne. C’est dans cette commune qu’il est monté pour la première fois sur les planches.
« J’ai fait le chemin des écoliers le plus court qui soit puisque j’habitais juste à côté de l’école », se souvient François Morel. C’est à Saint-Georges-des-Groseillers, dans l’Orne, que le comédien a passé son enfance, puis son adolescence. Déjà , sur les bancs de l’école, il aime faire rigoler ses copains : « Je me souviens d’avoir fait rire mes camarades de classe. Mais comme j’étais pince-sans-rire, c’étaient mes voisins qui se faisaient punir, et pas moi. » Et de se féliciter qu’aujourd’hui plus personne ne se fasse taper dessus pour s’être marré à ses blagues.
C’est au mini-club de l’Albatros, toujours à Saint-Georges-des-Groseillers, que celui qui officie également sur les ondes de France Inter s’initie au théâtre. Son premier rôle, il le déroche dans une pièce au drôle de nom : Ricochet ou le temps d’une marelle. Ce texte que François Morel interprète est construit à partir de la poésie qu’il commence à affectionner, celle de Jacques Prévert ou de Marcel Aymé. « Nous jouions devant 60 à 80 personnes et pas mal d’amis forcément, mais c’était une façon de commencer », confie-t-il. Cette initiation à la comédie est aussi un moyen de combattre sa timidité.
Un ennui formateur
Enfant, lorsqu’il n’est pas sur les planches, François Morel s’ennuie parfois, mais c’est un ennui utile et formateur. « Grâce à ce que je voyais à la télévision et ce que j’écoutais à la radio, j’ai eu le temps de rêver à devenir artiste. Ce n’était d’ailleurs pas vraiment un ennui, mais plutôt une espèce de douceur d’enfance », témoigne-t-il. L’adolescent ne passe pas toutes ses journées devant le petit écran, il part aussi régulièrement à l’assaut du Bocage.

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François Morel se souvient ainsi de ces longues balades à vélo en direction de Clécy, dans le Calvados, quand les routes n’étaient pas aussi « larges et faites pour les camions ». Devenu un peu plus grand, c’est au guidon d’un cyclomoteur 101, qu’il file rejoindre ses amis au Mont-de-Cerisy, le temps d’un pique-nique. Il y a aussi ces camps d’été organisés par la paroisse du village et les escapades en famille au Mont-Saint-Michel ou à Port-en-Bessin. « Mes parents n’avaient pas la culture des vacances. Nous partions rarement plusieurs jours. Sauf en 1965 quand nous sommes allés à Crozon. C’était un événement. »
Le souvenir du calvados
Parmi les souvenirs d’enfance de François Morel, il y a aussi celui du cidre, qu’il allait tirer au tonneau et que ses parents faisaient à partir de leurs propres pommes : « Il n’était pas forcément très bon. Il l’était en septembre et octobre, mais au fur et à mesure que l’année passait, il devait verdâtre et aigre. » Du cidre, mais aussi du calvados. C’est une fois la nuit tombée que le bouilleur de cru venait pour distiller le précieux breuvage avec lequel son père arrosait son café : « Nous n’avions pas trop le droit de le dire, mais je crois qu’il y a prescription. » Autant de breuvages, comme le camembert d’ailleurs, que le comédien a commencé vraiment à apprécier des années plus tard.
Lorsque l’enfant de Saint-Georges-des-Groseillers revient chez lui, il aime « parcourir les chemins creux du Bocage » et marcher en direction de Caligny, là où se trouvait l’ancienne fromagerie Vallée. Sa relation avec l’Orne reste intime : « C’est toujours un peu chez moi. Quand j’y suis, je sens quelque chose de proche dans l’attitude générale des gens. Il y a une pudeur que j’aime. Moi, j’ai sans doute réussi à dépasser ce handicap, mais je me sens de cette région, oui. »