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Un concert en l’honneur de trois compositrices oubliées, pour les Journées du matrimoine à Mâle... |
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L’église Saint-Martin de Mâle (XVIe-XVIIIe siècles), qui accueille régulièrement des concerts, est inscrite aux Monuments historiques. C’est un joyau du patrimoine local. © Ouest-France
Projet réalisé dans le cadre des Journées du matrimoine, samedi 20 septembre 2025, à Mâle (Orne), un récital exceptionnel de piano rendra hommage à trois femmes compositrices de la Belle Époque, injustement tombées dans les oubliettes de l’histoire.
Les Journées du matrimoine, créées en 2015, se déroulent chaque année lors du troisième week-end de septembre. Elles font écho aux Journées européennes du patrimoine pour mettre en lumière l’héritage des femmes du passé et leurs œuvres, à travers une programmation culturelle variée. Le terme matrimoine existe bel et bien, il désigne les biens hérités de la mère, quand le patrimoine désigne ceux hérités du père.
Deux musiciens, quatre mains, un seul piano
Organisé par les Amis du patrimoine de Mâle (Orne), ce récital de piano, à quatre mains, ou les deux interprètes joueront ensemble sur le même instrument, mettra à l’honneur trois compositrices très en vogue à la Belle Époque : Mel Bonis, Charlotte Sohy et Jeanne Leleu. Les pianistes Gisèle et Chantal Andranian entraîneront le public dans la vie musicale parisienne en cette période de modernité et d’insouciance qu’a connue la France de la fin du XIXe siècle jusqu’au début de la Première Guerre mondiale.
Influentes et avant-gardistes
Mel Bonis est une compositrice française postromantique prolifique. Élève, notamment, de César Franck et de Charles Koechlin, elle compte, dès le début du XXe siècle, parmi les artistes les plus avant-gardistes de son époque.
Charlotte Sohy, épouse du chef d’orchestre et compositeur Marcel Labey, choisit quant à elle de dissimuler sa féminité pour échapper à la misogynie ambiante en publiant ses œuvres sous les pseudonymes de Charles Sohy, Louis Rivière ou encore Claude Vincent.
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Jeanne Leleu, pianiste et compositrice française, enfant prodige, elle compose ses premières œuvres avant même l’âge de 12 ans. Trois femmes aux destins hors normes, dont l’influence a marqué la vie musicale française au tournant des années 1900.
De César Franck à Maurice Ravel
Les virtuoses, Gisèle et Chantal Andranian, lauréates du Conservatoire national supérieur de musique, de l’École normale de musique de Paris et de la Fondation Cziffra, présenteront un programme centré autour du magnifique Quintette de César Franck, transcrit pour piano à quatre mains par la compositrice Charlotte Sohy et corrigé par Mel Bonis. Figureront également des pièces originales de ces deux compositrices, ainsi que de Jeanne Leleu, compositrice, pianiste et créatrice du Ma mère l’Oye de Maurice Ravel. Un petit cocktail est prévu à la sortie de l’église »,
détaille Valérie Hood, présidente des Amis du patrimoine de Mâle.
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Samedi 20 septembre 2025, à 18 h, à l’église Saint-Martin de Mâle, 14, place de l’Église. Durée une heure et quart, entrée à 15 €. Informations au 02 37 49 70 36, à contact@patrimoine.masle.fr ou sur le site www.amisdupatrimoinedemale.fr