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Val-au-Perche. « Notre jardin partagé porte les valeurs de la permaculture »... |
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Samuel Rebulard (à gauche), professeur agrégé et ingénieur agronome, était invité cet automne par Sarah Sekaly (au centre) pour une conférence visite sur la biodiversité. © Archives Ouest-France
Bien plus qu’un simple jardin, ce lieu est devenu un véritable espace convivial et participatif, plein de perspectives. Le point avec son animatrice, Sarah Sekaly.
Trois questions à …
Sarah Sekaly, animatrice du jardin partagé de Val-au-Perche.
Quel premier bilan et quelles ambitions pour le jardin partagé ?
À l’origine, la raison d’être de ce jardin est d’apporter, pour les ménages modestes, une ressource en fruits et légumes, bio et locaux, dans le cadre d’un espace mêlant lien social et partage. Mais c’est aussi un lieu de détente et d’apprentissage où l’on partage des savoir-faire variés. De la vannerie à la greffe des arbres fruitiers en passant par les techniques de cultures en sol vivant ou encore, par exemple, la meilleure façon de fabriquer une flûte avec une tige de courgette… Cette année, le jardin a affirmé sa vocation pédagogique, notamment grâce à l’implication des enfants de l’école du Theil, nos acteurs majeurs. Pour résumer, le projet repose sur les valeurs de la permaculture, à savoir : prendre soin des humains, prendre soin de la terre et partager équitablement.
Quels ont été les moments forts et rendez-vous marquants de 2025 ?
Je citerais, entre autres, la conférence de Simon Bridonneau (association Triticum), autour du potager en temps de crise, sur la nécessité de redevenir coproducteur de notre alimentation, quels que soient nos environnements quotidiens, et qui s’est terminée par une vente de semences paysannes à prix libres. Je crois qu’elle a suscité des vocations de jardinières et jardiniers ! Il y a eu aussi les deux visites commentées du jardin par Samuel Rebulard, ingénieur agronome et chercheur à l’université de Saclay. Son approche scientifique et sa manière de transmettre les connaissances sur le terrain étaient passionnantes. Sans parler des différents rendez-vous avec Mélanie de la médiathèque, qui sont toujours de francs succès.
Des projets et collaborations se profilent-ils déjà pour 2026 ?
En 2026, le jardin va déborder devant la médiathèque et la mairie avec l’ambition d’amener progressivement des plantes comestibles dans les parterres. Privilégier les plantes vivaces aux plantes annuelles, introduire des fleurs particulièrement mellifères, planter des arbustes ornementaux dont on peut grappiller les fruits en passant, créer des petits carrés potagers qui permettent de cueillir quelques brins de sauge ou une courgette en allant à la mairie… C’est le cœur du projet pour l’année à venir. Je souhaiterais aussi affirmer davantage la présence de l’art au jardin. Par exemple, depuis le mois de novembre, c’est une image tirée des Très Riches Heures du Duc de Berry, datant du début du XVe siècle, qui accueille les visiteurs à l’entrée du lieu. Chaque mois, on pourra découvrir une nouvelle peinture. Cette articulation entre l’art et le jardin me tient à cœur, car elle est au centre de mon parcours, étant aussi professeure à l’école Duperré (arts appliqués) à Paris. Concernant les collaborations, celles déjà entreprises vont se poursuivre. Et parmi les nouvelles propositions, nous aurons la chance d’accueillir cette année François Radigue de l’Association faune et flore de l’Orne, pour une soirée autour de l’observation des papillons de nuit au jardin, qui s’annonce magique.
Le jardin partagé se situe au bord de l’Huisne, juste derrière la mairie de Val-au-Perche (au Theil-sur-Huisne). Accès par la rue du Lavoir. Renseignements : 06 85 06 36 61. Mail : jardinpartage.valauperche@gmail.com
On veut créer des carrés potagers qui permettent de cueillir des brins de sauge ou une courgette en allant à la mairie.
Sarah Sekaly, animatrice du jardin partagé