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Victoire de la musique classique 2026 : le sacre de la soprano normande Sabine Devieilhe... |
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Sabine Devieilhe a été sacrée Artiste lyrique de l’année lors de la 33e cérémonie des Victoires de la musique classique 2026 qui se tenait à Brest. © Guillaume Saligot / Ouest-France
La 33e édition des Victoires de la musique classique s’est tenu vendredi soir à Brest (Finistère) sur la scène du Quartz. Parmi les cinq femmes couronnées dans les sept catégories figure Sabine Devieilhe. Cette soprano, originaire de Normandie, a été de nouveau sacrée « Artiste lyrique de l’année ». Elle rejoint Natalie Dessay et Barbara Hendricks parmi les artistes les plus récompensées par une Victoire dans cette catégorie.
Susanna dans « Les Noces de Figaro de Mozart », Cléopâtre dans « Giulio Cesare » et Dalinda dans « Ariodante », deux opéras de Haendel, Lucia dans « Lucia di Lammermoor » de Donizetti, et enfin Mélisande dans « Pelléas et Mélisande » de Debussy : en 2025, Sabine Devieilhe a incarné toutes ces héroïnes d’opéra durant la saison écoulée, sur les plus prestigieuses scènes d’opéra en France et à l’étranger. Un tour de force récompensé par une Victoire de la musique classique dans la catégorie « Artiste lyrique de l’année ». La soprano a reçu le prix vendredi 20 mars 2026 sur la scène du Quartz, à Brest où elle a interprété « Mon nom s’est fait entendre » l’un des airs de son personnage dans Lucia de Lammermor.
Il s’agit de la troisième Victoire dans cette catégorie décrochée par Sabine Devieilhe (Révélation lyrique en 2013, elle a été désignée Artiste lyrique de l’année en 2015 puis 2018). A 40 ans, elle rejoint ainsi Natalie Dessay et Barbara Hendricks parmi les chanteuses lyriques les plus capées.
Née à Caen (Calvados) en 1985, Sabine Devieilhe a grandi dans une ambiance musicale, comme elle le relatait récemment dans nos colonnes : « Il y avait toujours des disques qui tournaient à la maison. Les demoiselles de Rochefort, Les Parapluies de Cherbourg, la Flûte enchantée… Ce sont des airs qui ont bercé ma jeunesse. » Si elle a commencé par apprendre à 12 ans le violoncelle au conservatoire régional de Caen, elle a rapidement bifurqué après avoir assisté à un opéra, au théâtre de Caen où William Christie et ses Arts florissants étaient alors en résidence. « Ça a été un coup de foudre, confiait-elle. J’ai compris que chanter pouvait être un métier. »
Une reine de la Nuit de référence
À l’issue de sa formation caennaise, Sabine Devieilhe est partie en 2002 poursuivre ses études à Rennes, en musicologie et ethnomusicologie, tout en intégrant le chœur de l’Opéra de Rennes. De choriste, elle devient rapidement soliste et entre au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris. En 2011 elle en sort premier prix à l’unanimité, avec les félicitations du jury : sa carrière est lancée.
Son répertoire s’étend de la musique baroque aux œuvres contemporaines, faisant d’elle l’une des sopranos les plus demandées sur la scène internationale, de Paris à Milan, comme des chefs d’orchestre et ensembles. Ses interprétations de la Reine de la Nuit (La Flûte enchantée de Mozart) ou de Lakmé (l’opéra éponyme de Delibes) font référence.
Cette soprano colorature (une voix virtuose, à la fois aiguë et agile) s’accorde aussi des incursions dans le registre de la chanson française : « Avec deux amis pianiste et violoncelliste, nous avons monté un projet « cross-over », baptisé Smile. » Sabine Devieilhe chante avec eux du Cora Vaucaire, Édith Piaf, Joséphine Baker… Une version cabaret qui devrait faire halte à Caen en 2027. Et d’ici là, Sabine Devieilhe sera de nouveau en juillet prochain, la Reine de la Nuit dans la version de la Flûte enchantée mise en scène par Clément Cogitore, en ouverture du festival d’Aix-en-Provence.