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VIDÉO. Alençon vu depuis le clocher de la basilique Notre-Dame... |
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Vue depuis la basilique d’Alençon. © OUEST-FRANCE
Alençon vu d’en haut. L’accès au clocher de la basilique est réservé aux couvreurs de la Ville… et aux pigeons. Alors on vous fait partager notre balade : après 120 marches dans un étroit escalier en colimaçons, une magnifique vue sur la ville s’offre au regard.
La vue à partir du clocher de la basilique Notre-Dame d’Alençon se mérite : il faut se coltiner des escaliers parfois tortueux mais le jeu en vaut la chandelle.
Reportage
Un calepin, un stylo et un smartphone. Pour visiter les hauteurs de la basilique Notre-Dame, je voyage léger, laissant mon encombrant sac photo sur le plancher des vaches. Mes deux guides s’appellent Jérôme Gouyer et Luc Paul, les couvreurs de la Ville. « On connaît tous les toits des bâtiments municipaux » , sourit Jérôme.
Pour l’occasion, ils sont accompagnés par Vincent Brault. Plutôt sujet au vertige, le dircab’ du maire a décidé de soigner le mal par le mal, chapeau !

Le royaume des pigeons
Nous commençons par la tour à droite de l’entrée de la basilique. Par une porte à l’accès interdit au grand public, nous empruntons un escalier en colimaçon. Trente marches plus haut, nous voilà devant l’imposant orgue rénové en septembre 2016.
La petite cordée reprend son ascension et atterrit, une cinquantaine de marches plus haut, sur les terrasses extérieures bordant les toits. Quelques cages à pigeons sont disposées çà et là , chargées de réguler la population à plumes…

Notre regard domine les toitures. Je jette un œil sur la superbe architecture de la façade sud-ouest rénovée il y a une demi-douzaine d’années. Nous reprenons notre périple vers le ciel, tout en regardant où nous mettons les pieds, car plus on monte dans cet escalier déconseillé aux grands gabarits (attention à ne pas s’assommer contre les poutres), plus le royaume des volatiles est constellé de fientes…

Panorama magique
Nous voilà tout en haut, Vincent Brault souffle un peu, histoire de chasser ses démons vertigineux. Bien accroché aux rambardes, il tient à boucler notre balade céleste. À 25 mètres de haut, Jérôme et Paul font admirer le paysage : « On n’est pas bien, là ? » Mon regard embrasse les trois tours du Champs Perrier, l’église de Montsort et, un peu plus loin, la tour Pascal qui domine le quartier de Perseigne. Ils ont raison, le panorama est magique.
Un petit coup d’œil sur ma droite et voici le superbe dôme de la Halle au Blé. « La plus belle vue, c’est depuis le clocher de la chapelle Aveline - la médiathèque - qui offre un panoramique à 360 °, révèle Jérôme Gouyer. Sans compter sa magnifique charpente ! »
En 1943, atelier de faux papiers
?La montée vers le clocher part d’un autre escalier situé à l’autre bout de la basilique, à partir de la sacristie. En bois, avec des marches… pas toujours engageantes ni droites, « on dirait l’escalier d’Harry Potter » souffle Luc. On accède d’abord à une vaste pièce tout en hauteur. C’est ici que pendant la Seconde Guerre mondiale l’abbé Poulain avait installé un atelier clandestin de faux papiers.

Ne pas se faire sonner les cloches !
Il faut vérifier sa montre avant de s’élancer vers la dernière étape du clocher. « Quand les six cloches sonnent l’heure, vous risquez aussi d’être sonné, rigole Jérôme. La première fois, ça surprend ! » Nous avons un petit quart d’heure devant nous. Depuis les embrasures le paysage se dévoile jusqu’au loin.

Sous la charpente, les deux couvreurs me proposent d’aller marcher… sur le toit. « Z’êtes vraiment sûr ? » On accède à une petite lucarne à partir de laquelle un escalier redescend vers une large gouttière. « Un escalier de toit avec des marches en plomb, c’est rarissime » précise Luc. Il faut marcher en arrière, visage vers le toit et fesses vers le vide… J’avoue un petit moment d’appréhension mais le jeu en vaut la chandelle : on se sent tout petit devant la beauté du paysage.