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Des écoles de l’Orne aux JO de Paris, leur dessin animé sur le handicap a porté ses fruits... |
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Florie Bresteaux et Noémie Varon, dans la fan zone du parvis de l’hôtel de ville, à Paris. © Réal des Mêmes
C’est en s’inspirant des réflexions de centaines d’élèves ornais sur le handicap que Florie Bresteaux et Noémie Varon ont réalisé trois épisodes sur l’inclusion. Ils ont été diffusés sur les écrans géants des fan zones, pendant les Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024. Retour sur cet « intense épisode de vie ». Noémie Varon est en lice pour devenir « jeune de l’année » dans l’opération On se bouge dans l’Orne 2024.
Au commencement était le confinement. Une période pendant laquelle Noémie Varon, une jeune réalisatrice originaire d’Alençon (Orne), et son amie Florie Bresteaux, doctorante en sciences sociales née à La Ferté-Macé, voient passer sur les réseaux sociaux un appel à projets de la mairie de Paris. Les jeunes âgés de 16 à 25 ans sont invités à présenter un projet inclusif ou durable.
Les deux Ornaises imaginent un dessin animé sur le handicap et l’inclusion. Leur dossier franchit les différentes étapes, et les voilà finalistes. En plus d’obtenir un prix de 15 000 € et un accompagnement de six mois, leur dessin animé est diffusé sur les écrans géants des fan zones, pendant les Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024.
Noémie Varon est en lice pour devenir « jeune de l’année » dans l’opération On se bouge dans l’Orne 2024, aux côtés de Manon Quantin et Raphaël Le Royer.
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« Avant 7 ans, on ne voit pas les différences »
De 2021 à 2023, les deux jeunes femmes ont sillonné les écoles de l’Orne pour proposer des ateliers sur le handicap. Elles se sont ensuite inspirées des réflexions des élèves pour réaliser leur dessin animé. Ou plutôt leurs dessins animés, puisqu’il s’agit au final de trois épisodes, qui incitent à regarder le handicap avec les yeux d’un enfant. « Avant 7 ans, on ne voit pas les différences. Ce n’est qu’en grandissant qu’elles deviennent un problème. »
Le 15 juillet 2024, Noémie Varon a porté la flamme olympique pendant une dizaine de minutes, à Paris. « Il y avait des milliers de personnes. Une foule immense. C’était vraiment impressionnant. » Les porteurs, ce jour-là, sont aussi bien des athlètes que des artistes ou des personnes issues du monde associatif. « Les stars côtoyaient les inconnus. Les gens nous regardaient en se demandant si on était célèbre ou non ! »

Noémie Varon a porté la flamme olympique, le 15 juillet 2024 à Paris. Réal des Mêmes
Et puis sont arrivés les Jeux. Pendant près de deux mois, les dessins animés de Noémie et Florie ont été diffusés tous les jours sur les écrans géants des fan zones, dans les différents quartiers de Paris. Soit une audience de près de deux millions de personnes. Des Parisiens, des touristes, des Français, des étrangers…
« On a fait les guerrières »
Dans l’une des fan zones, Noémie et Florie animent de nouveaux ateliers et rencontrent de nombreux jeunes au parcours cabossé. Décrochage scolaire, troubles autistiques, précarité… Noémie se souvient notamment d’Océane, une jeune femme d’une vingtaine d’années atteinte de sclérose en plaques. « Elle ne trouve pas de travail à cause de son handicap, mais ne touche pas d’allocations car elle n’est pas reconnue comme suffisamment handicapée… » Océane a dessiné un personnage et écrit un scénario. Ce pourrait bien être le premier épisode d’un futur projet. « On aimerait donner la parole aux jeunes qui ne l’ont pas. »
Mais pour l’instant, Noémie et Florie doivent se reposer. « On a fait les guerrières, sourit Noémie. Pendant six mois on a travaillé quinze heures par jour. » Et reprendre une vie normale. Florie a retrouvé sa thèse et ses étudiants, à l’université de Genève ; Noémie, ses différents projets vidéo. Quant à leurs trois dessins animés, elles veulent en faire un kit à destination des enseignants. « On aimerait qu’ils retournent dans les classes. » Là où tout a commencé.