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« 26 % de nos élèves sont concernés » : un collège de l’Orne encourage l’inclusion par des ateliers sur les troubles DYS... |
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Jouer au Kapla peut devenir un défi quand on a des troubles visuels. © Ouest-France
Le temps d’un après-midi de décembre 2025, le collège Yves-Montand de Val-au-Perche (Orne) a mené une campagne de sensibilisation sur le thème des troubles DYS pour favoriser l’inclusion.
Par un après-midi de décembre 2025, le collège Yves-Montand de Val-au-Perche (Orne) a mené une initiative sur le thème des troubles DYS. Une série d’ateliers immersifs étaient organisés afin de sensibiliser les élèves de sixième aux différentes variantes : dyslexie, dyspraxie, dysgraphie… Avec un objectif clair : transformer la perception du handicap chez les plus jeunes et poser les bases d’une véritable inclusion en classe.
Antony Lévêque s’est appuyé sur l’expertise de Muriel Desnos, enseignante ressource mobile de l’Orne, spécialisée dans les troubles spécifiques du langage et des apprentissages, pour concevoir, avec les équipes enseignantes, six ateliers. Ceux-ci ont permis aux élèves d’expérimenter les troubles vécus au quotidien par certains de leurs camarades.
Un quart des élèves en difficultés scolaire
Antony Lévêque, le principal du collège de Val-au-Perche développe :  26 % de nos élèves, qui ne sont pas toujours diagnostiqués, sont concernés par un accompagnement ou aménagement particulier en raison d’une difficulté scolaire permanente ou périodique, d’un trouble DYS, ou d’un trouble du comportement, un TDAH (trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité). Une formation spécifique pour sensibiliser les élèves à ces handicaps assez invisibles allait de soi.Â
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Le principal rappelle que la loi de 2013 sur l’inclusion scolaire engage les acteurs du système éducatif dans la réussite de tous les enfants, sans aucune distinction.
 De plus, les élèves accompagnés par un AESH (accompagnant d’élèves en situation de handicap) ou ceux qui bénéficient d’aides matérielles, comme des outils informatiques pour la prise de notes, peuvent donner le sentiment aux autres qu’ils sont favorisés. Il est important aussi de déconstruire cette perception, avec pédagogie.Â
« Beaucoup d’énergie et beaucoup de fatigue »
Pendant trois heures d’exercices pratiques, les élèves ont travaillé en rotation autour de la dysgraphie, qui touche l’écriture, de la dyspraxie, qui rend certains gestes et actions volontaires difficiles, de la dyscalculie, liée aux difficultés à compter et à calculer, ainsi que des troubles visuels.
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Les uns s’attelaient à reproduire des alphabets peu familiers, comme le grec ou le russe, tandis que d’autres tentaient d’écrire de la main opposée ou avec des crayons inadaptés.  Pas facile de monter une pyramide de planchette en bois avec un Å“il en moinsÂ
, constate une collégienne, équipée d’un masque monoculaire. Dans une autre salle, des élèves, penchés sur des tablettes, écoutaient les élucubrations complexes de Ginette Garcin, concentrés, mais un peu perdus.
Une expérience réussie
 Grâce à ces mises en situation, celui qui a la chance de ne pas avoir de problèmes peut s’apercevoir que, quand on n’a pas automatisé un geste, cela demande beaucoup d’énergie et donc beaucoup de fatigue. D’où l’impact sur l’apprentissage et l’écriture
, témoigne Muriel Desnos, satisfaite de l’expérience.Les avoir mis dans la peau d’un élève en situation de handicap, n’était-ce pas le meilleur moyen de les amener à la bonne compréhension des DYS ?Â