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« Aujourd’hui, on n’a plus le droit d’attendre » : l’UNC mobilisée pour préserver la mémoire combattante dans l’Orne... |
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Ils étaient une soixantaine à participer à l’assemblée générale de l’UNC, samedi après-midi à Argentan. © Ouest-France
À Argentan (Orne), l’association des anciens combattants mène une course contre le temps. Lors de son assemblée générale, samedi 31 janvier 2026, l’UNC a fait état de l’avancée de deux projets majeurs : le déplacement du monument aux morts, et la création attendue d’un mémorial départemental, dédié aux soldats tombés en Algérie.
À Argentan (Orne), la mémoire combattante n’est pas figée. Elle se transforme, s’adapte, et surtout s’organise face à l’urgence. Aujourd’hui, on n’a plus le droit d’attendre
, résume Émile Ledentu, le président de l’association de l’union nationale des combattants d’Argentan (UNC), lors de l’assemblée générale, samedi 31 janvier 2026.
Un incident évité de justesse
En première ligne, le monument aux morts, érigé en 1923 au cœur de la ville, pose depuis plusieurs années un problème de sécurité.
Installé en hauteur, bordé par la circulation et accessible par des marches jugées dangereuses, le monument inquiète à chaque cérémonie. L’incident évité de justesse par un ancien combattant lors d’une commémoration a fini de convaincre.
La solution retenue est ambitieuse : démonter l’édifice, composé de vingt-trois pierres, pour le repositionner légèrement plus bas et le réorienter face à l’église Saint-Germain.
On serait sur le terre-plein, beaucoup plus en sécurité
, explique le maire. Le chantier, estimé à 90 000 €, devra obtenir l’aval de l’architecte des Bâtiments de France. Reste à boucler le financement, avec un objectif de travaux entre juillet et novembre 2026.
Enfin un lieu de mémoire départemental
Autre avancée majeure : le mémorial départemental dédié aux soldats morts pendant la guerre d’Algérie. L’Orne faisait figure d’exception en France : il n’y avait pas de lieu de mémoire.
Lire aussi : Guerre d’Algérie : pourquoi l’Orne n’a pas de monument aux morts
Après dix-sept années de blocages, liés notamment à des désaccords associatifs, la création d’une association spécifique doit permettre de planifier la concrétisation du projet. Si rien n’est fixé, Argentan a cependant été choisie pour accueillir ce lieu de recueillement, derrière le tribunal. Trois projets sont à l’étude avec, là aussi, une validation des Bâtiments de France.
Transmettre aux générations futures
Derrière la pierre, il y a l’humain. Et l’association voit ses effectifs diminuer rapidement : treize décès en deux ans.
Des hommages ont ainsi été rendu par Émile Ledentu à  Les plus jeunes ont 83 ans maintenant.
Bernard Bellanger, André Doyen, Jacques Heim, Bernard Leclerc, Claude Marsac, Émile Esnault et Daniel Lecerf ».
Il souligne aussi l’urgence de la passation de mémoire : Vous, les derniers anciens combattants, devez raconter vos souvenirs de ces temps de combats pour qu’ils soient transmis aux générations futures.