|
« C’est un peu leur anniversaire » : à Alençon, une exposition retrace les créations des dentellières depuis 50 ans... |
4
L’exposition retrace cinquante ans de créations contemporaines au sein des ateliers nationaux de la Dentelle. © Ouest-France
Jusqu’au 31 mai 2026, le travail artistique des dentellières d’Alençon (Orne) et du Puy-en-Velay (Haute-Loire) est à l’honneur au musée des Beaux-arts et de la Dentelle d’Alençon. L’exposition retrace cinquante ans de créations contemporaines depuis la création des ateliers nationaux.
On a eu à cœur de célébrer nos dentellières
, se réjouit Johanna Mauboussin, directrice du musée des Beaux-arts et de la Dentelle à Alençon (Orne). Depuis le 3 mars et jusqu’au 31 mai 2026, le musée accueille une nouvelle exposition temporaire consacrée au travail des dentellières d’Alençon et du Puy-en-Velay (Haute-Loire). C’est une exposition événement pour célébrer les 50 ans des ateliers nationaux de la dentelle. Il y en a un à Alençon, pour la dentelle à l’aiguille et un atelier au Puy-en-Velay, pour la dentelle au fuseau
, explique la directrice et conservatrice en cheffe du patrimoine.

Bien que plus petite que le modèle du Puy-en-Velay (à gauche), la réalisation du tapis de Sigmund Freud d’Anne Deguelle en dentelle au point d’Alençon (au centre) a nécessité 15 000 heures de travail. Ouest-France
C’est la première fois que les créations des deux ateliers sont exposées conjointement. Ce sont deux services de l’État rattachés au ministère de la Culture via le mobilier national. Toutes ces œuvres, une fois créées, rejoignent les collections du mobilier national
, raconte Johanna Mauboussin. Pour cette exposition, les organisateurs avaient donc à cœur de mettre en avant le travail des dentellières. Ça fait partie des métiers qui fascinent le grand public mais qui sont mal connus et où les artistes sont complètement invisibles
, complète-t-elle.
Des œuvres contemporaines
Pour faire rayonner les créations, les commissaires d’exposition ont décidé de ne montrer que des créations modernes des ateliers. Au sein des ateliers, il y a un travail de valorisation du patrimoine existant, à travers notamment les costumes et un travail de mise en relation avec les créations contemporaines. C’est ce pan que nous avons voulu mettre en lumière car il est souvent méconnu du grand public
, justifie Johanna Mauboussin. L’objectif est purement artistique, aucune œuvre ne poursuit de but fonctionnel. L’objectif est de changer la destination et les techniques utilisées par les dentellières. La dentelle devient une véritable œuvre d’art par elle-même
, décrypte la conservatrice en cheffe.

L’appropriation d’un sujet par les dentellières d’Alençon (à droite) et du Puy-en-Velay (à gauche) peut être complètement différente. Ouest-France
Pour le choix des œuvres, les dentellières ont donc été associées de bout en bout de la composition de l’exposition. On a échangé avec les deux ateliers pour avoir leur retour et pouvoir transmettre une vision dans laquelle les dentellières se retrouvent. C’est un peu leur anniversaire à elles aussi
, pointe la directrice du musée.
Des approches différentes
Un des objectifs de l’exposition est de mettre en relation les œuvres d’Alençon et du Puy-en-Velay dans le traitement d’un même sujet. Les interprétations varient ainsi d’un atelier à l’autre, parfois même pour des contraintes techniques et offrir des résultats complètement différents. Il faut respecter l’œuvre initiale mais le traitement de la matière offre un rendu différent. La dentelle au fuseau a davantage de souplesse et permet plus de choses que celle au point d’Alençon. Elle permet auss
i d’aller plus vite et de travailler à plus grande échelle
, décrit Johanna Mauboussin.

L’exposition présente également des œuvres en cours de réalisation. Ouest-France
Pour montrer le travail d’orfèvre des dentellières, des œuvres en cours de réalisation sont également exposées. La vie des ateliers ne s’arrête pas là. Parfois il arrive qu’aucune œuvre ne sorte des ateliers par an. Cela permet de montrer au public tout le travail qui est nécessaire pour arriver au résultat final
, appuie la directrice du musée. Le rendez-vous est donc pris, dans un demi-siècle, pour les voir…