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Caligny. À la Berouette, sensibilisation l’emporte sur rentabilité... |
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De gauche à droite : Thérèse Wenger-Srodawa, Hannah et Joseph Wenger de la ferme de la Berouette à Caligny, dans l’Orne. © Ouest-France
Ils ont choisi les circuits courts. Depuis sa création en 2015, la Ferme Berouette à Caligny (Orne) continue d’évoluer mais n’est pas encore parvenue à trouver un équilibre financier.
Créée en 2015, la ferme de la Berouette, située sur la zone industrielle Normand’Innov à Caligny, dans l’Orne, regroupe des activités de conception textile, d’arboriculture, de maraîchage et d’élevage de porcs et de poulets. Considéré comme un « espace test » par Flers Agglo, le terrain de douze hectares a vu naître trois entreprises. Joseph Wenger gère l’activité de maraîchage de fruits et de légumes et l’élevage de poulets. Sa compagne, Hannah, a créé l’atelier La Filière, qui collecte de la laine de moutons et la teint de façon naturelle, pour faire des créations textiles.
Thérèse Wenger-Srodawa, la sœur de Hannah, et son compagnon Yannick, gèrent l’entreprise le Bosquet de la Vère. Ils cultivent et transforment des fruits, et ils élèvent trente cochons rustiques. Tous les producteurs ont une formation agricole sauf Hannah qui s’est formée dans le textile. Actuellement en « pause hivernale », la ferme ne propose rien à la vente jusqu’à mi-mai.
Douce évolution
Les producteurs privilégient la vente directe à la ferme, sur les marchés, et depuis 2018, à la Halte paysanne de Saint-Georges-des-Groseilliers. Leurs projets commencent à se mettre en place mais Joseph, Hannah, Thérèse et Yannick ne se dégagent toujours pas de salaires et bénéficient du RSA. « L’argent qui rentre sert à payer les charges et le fonctionnement pour l’instant », déclare Joseph. En cumulant les activités de chacun, la Ferme de la Berouette atteint un chiffre d’affaires d’environ 50 000 €. L’activité de maraîchage de Joseph évolue. « Je cultive sur 6 000 m² » , explique le producteur. Il vend aussi 30 poulets par semaine et assure que l’activité est « en grande évolution » et qu’il doit « réorganiser l’atelier ».
De leur côté, Thérèse et Yannick ont planté une centaine d’arbres fruitiers. « Mais ils ne commenceront à produire des fruits que dans quatre ans » , détaille la jeune femme. Le couple travaille déjà dans un verger qui permet de produire près de 3 000 litres par an de jus de pomme et de cidre. Leur production bénéficie du label bio. En ce qui concerne leur élevage de cochons rustiques, « On va réduire le troupeau de moitié car il leur manque de l’espace et à la base, ils étaient là pour travailler le sol. » Hannah, pour sa part, commercialise des plaids, des accessoires grâce à la tonne de laine qu’elle récolte et qu’elle fait tisser par des entreprises partenaires. Les ventes sur Internet et sur les marchés sont « ce qui fonctionne le mieux ».
Des projets en perspective
Autre part de l’activité de la ferme : les formations. Thérèse et Yannick en proposent sur la création de forêt jardin. « On montre aux gens comment faire la même chose chez eux », détaille Thérèse. « Nous en faisons en moyenne trois par an ». Le prix ? 80 € la journée. Hannah propose elle aussi des formations. Elle facture 600 € la semaine d’initiation à la teinte naturelle. « On aménagera un endroit dédié aux formations l’année prochaine », dévoile la jeune trentenaire à la tête de l’atelier La Fillière. En prévision aussi, un site internet pour la vente de ses produits qui sera mis en ligne cet été.
Les producteurs de la ferme souhaitent davantage développer leurs partenariats avec les épiceries locales mais se laissent le temps d’y parvenir. « Le plus important pour nous, c’est de pousser les gens à changer leurs pratiques et de trouver des solutions pour bénéficier d’une souveraineté alimentaire », résume le groupe d’amis.