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« En Normandie, les gens aiment les galettes » : elle est crêpière au marché d’Alençon depuis 14 ans... |
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Anaïs Duval fait des crêpes et galettes au marché d’Alençon. © Ouest-France
. Cet été, la rédaction Ouest-France d’Alençon vous présente des commerçants du marché. Aujourd’hui, rencontre avec Anaïs Duval, crêpière.
Elle sourit, Anaïs Duval, beaucoup, a un mot pour chacun et chacune de ses clients. À la voir bosser, cette crêpière, dans son camion sur le marché d’Alençon, là où il fait « plus de soixante » quand c’est la canicule à cause des plaques « à 280 degrés », on a l’impression qu’elle est dans son élément. Parmi les habituées, il y a Camille, une habitante de la ville de 30 ans : « C’est le petit plaisir pendant le marché. On discute quand il n’y a pas trop de monde et les crêpes sont super bonnes ! Souvent, ça fait le repas du midi. »

Anaïs Duval adore le contact humain sur le marché d’Alençon. Ouest-France
« Des gens de tous horizons »
Ça fait plus de 14 ans qu’elle est à la tête de son entreprise, intitulée sobrement Les crêpes d’Anaïs. Elle vit à Vire, dans le Calvados. Au départ, elle est arrivée dans le coin pour ses études. Elle a été à l’institut universitaire de formation des maîtres (IUFM) d’Alençon. Mais une fois le diplôme obtenu, elle s’est rendu compte que ce n’était pas sa voie : « Ce n’était pas ce à quoi je m’attendais. » Elle n’aimait pas « le côté enfermé », notamment. Alors, elle a changé totalement de voie. « J’aime bien mon métier ! » Et ça se voit.
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Elle fait trois marchés par semaine, celui de Sillé-le-Guillaume le mercredi, et ceux d’Alençon les jeudis et samedis. Un jour dur : « Là , je me lève à une heure du matin et je termine à 17 h. Je suis obligée pour tout préparer. » Elle concocte sa pâte la veille au soir, et commence les crêpes le matin. Et après le marché, il faut tout nettoyer de fond en comble.

Elle a une clientèle d’habitués qui viennent très souvent la voir. Ouest-France
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Elle en vit : « En Normandie, les gens aiment les galettes ! » Souvent, le midi, ses confrères du marché viennent lui commander le déjeuner. Du reste, ses clients « sont de tous âges, de toutes classes et de tous horizons. Il y a des médecins, des ouvriers, des étudiants, des retraités, des familles… Je ne m’ennuie jamais. » Ce qui part le mieux, ce sont « des galettes et crêpes nature que les gens font chez eux. » Mais elle en propose aussi des garnies, pour consommer tout de suite.
« Elle m’a reconnue tout de suite ! »
Des anecdotes, elle en a plein sa mémoire. L’une l’a particulièrement touchée : « Il y avait une personne âgée qui venait toutes les semaines. Un jour, je ne l’ai plus vue. J’ai pensé qu’elle était décédée. Une fois, elle était là avec un groupe d’aides-soignantes. Je lui ai offert une crêpe, elle m’a reconnue tout de suite ! » Un moment émouvant pour toutes les deux de chouettes retrouvailles s’en est suivi.
Une autre fois, elle a eu bien peur. Une dame a fait une syncope devant son camion : « Ça m’a secouée. Depuis, j’ai toujours de petites nouvelles d’elle. » Elle les apprécie, ses clients, d’ailleurs, pour chacun ou chacune, elle a un mot. « C’est ce côté humain que j’aime bien. » C’est surtout ça, le marché.