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« Fils et filles de paysans », une nouvelle création de Julie Delaurenti, à Carrouges... |
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Les acteurs bénévoles se sont réunis pour une découverte du texte. © Ouest-France
C’est parti pour les répétitions. La nouvelle création de Julie Delaurenti, qui aborde la question de la transmission des fermes, sera jouée en avril 2024, au Parc naturel régional Normandie-Maine et à La Ferté-Macé. Avant d’écrire son histoire, l’autrice a collecté trente témoignages dont elle s’est inspirée.
Ceux qui ont vu Non loin d’ici la pièce montée et jouée par Julie Delaurenti l’an dernier (avec Pierre Santini), à la Collégiale du Parc ou au Manoir de Durcet, et ensuite en tournée à Avignon, ne seront pas surpris que l’autrice ait voulu approfondir ce thème.
Basée sur un conflit familial sur fond de fermes rivales, l’histoire était l’occasion d’aborder la transmission tant physique que morale.
« Avoir abordé ce sujet, c’était comme avoir tiré un fil d’une pelote infinie, il semblait évident de tirer encore et encore et de tisser des histoires à la fois locales et universelles. »
Qu’à cela ne tienne, Julie Delaurenti s’est lancée dans un nouveau marathon : collecter des récits d’agriculteurs, écrire une pièce, mobiliser les énergies autour de ce projet et comme il s’agit de transmission… travailler avec des fils et filles d’agriculteurs.
Des témoignages d’agriculteurs
Elle a ainsi récolté trente témoignages, des enfants aux grands-parents qui ont, chacun avec leurs mots, décrit le destin d’une exploitation qui passe de génération en génération.
Depuis janvier, elle travaille avec les élèves du collège Delivet et ceux du lycée agricole de La Ferté-Macé et à partir de ses collectages, l’équipe a construit une histoire, imaginé des dialogues et une scénographie originale.
« Quatre générations se côtoient dans ce script et se chamaillent autour de la ferme familiale. » La pièce est ainsi l’occasion de traiter de toutes les questions qui émaillent la situation actuelle de l’agriculture : les pesticides, la PAC, le bien-être animal, les préjugés des « urbains »…
Les phrases sont celles récoltées dans les interviews réalisées par Julie Delaurenti qui s’est attachée à reproduire les accents, la syntaxe et la spontanéité des réactions.
Elle a su inspirer confiance pour récolter les confidences et les agriculteurs ont profité de cet intérêt pour se raconter et même interpeller les générations suivantes ou précédentes sur le passé et l’avenir de leur profession qui n’en est pas forcément ni celle de leur choix.
Une séance de lecture
La pièce sera jouée en avril au Parc et à La Ferté-Macé.
En attendant, les journées de travail et de répétitions vont s’enchaîner tant pour les adultes que pour les enfants.
Pour représenter toutes les générations, Julie Delaurenti a recruté ses adeptes du Mystère du dernier duel et les a reçus lundi pour une séance de lecture du texte.
Après ce vaste sujet, elle s’attaquera à l’eau pour son spectacle de septembre, L’eau du bocage tiré de L’eau des collines, de Marcel Pagnol dont elle vient d’obtenir les droits. Un autre thème brûlant qui l’attend.