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Flers et Bocage. Ce qui change à la rentrée dans les lycées... |
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L’entrée du lycée Guéhenno à Flers, dans l’Orne. © Ouest-France
Si les lycées Guéhenno de Flers, dans l’Orne, et Auguste-Chevalier de Domfront-en-Poiraie vont devoir supprimer des postes, voire des classes et des options, les lycées fertois ne devraient pas beaucoup changer à la rentrée de septembre.
Pour la rentrée de septembre, la dotation horaire globale, soit l’ensemble d’heures de cours accordées au lycée Auguste-Chevalier de Domfront-en-Poiraie baisse de 66 heures, à un total de 394 heures, soit une perte de 20 % par rapport à la rentrée de 2020. « Dans le même temps, nous passons de 299 élèves en septembre 2020 à 296 prévus à la rentrée prochaine, soit à peine 1 % de baisse », note Guillaume Jeanne, professeur d’histoire-géographie et représentant des enseignants au conseil d’administration du lycée.
Conséquence, à la rentrée : une classe de première générale est supprimée, ainsi qu’un poste en lettres modernes et tous les dédoublements de classes, qui permettent de travailler en petits groupes. Et pourtant, le lycée avait fait grève à 100 % en janvier, lorsque la première annonce de cette baisse d’heures a été connue.

Une soixante de manifestants ont parcouru les rues de Domfront-en-Poiraie, dans l’Orne, pour défendre l’avenir du lycée, fin janvier 2021. Archives Ouest-France
« On a obtenu une heure poste symbolique et 7 heures supplémentaires qui sont devenues des heures postes », poursuit avec colère Guillaume Jeanne, qui dénonce « le manque de respect » et les « économies faites sur le dos des élèves. On fait tout pour être un lycée attractif mais si ça continue comme ça, on va devoir rogner sur les options. » Le lycée est en train de monter des dossiers pour ouvrir des BTS tourisme, diététique et bioqualité, ainsi que pour se faire labelliser « internat d’excellence ».
Six options disparaissent à Guéhenno
Rogner sur les options, c’est ce que va devoir faire le lycée Jean-Guehénno de Flers : théâtre, arts plastiques, musique, arabe et italien en langues complémentaires sont autant d’options qui devraient disparaître à la rentrée de septembre, en raison des 44 heures supprimées pour l’année prochaine. Pour l’année 2021-2022, le lycée général bénéficie d’une dotation de 1 025 heures et le lycée professionnel, de 701 heures.
« Si des professeurs sont disponibles, sur la base du volontariat, des clubs de théâtre ou de musique pourront être créés », expliquent Nathalie Le Bihan et Maïlys Frehel, représentantes des enseignants au conseil d’administration du lycée, qui dénoncent le renoncement à « une ouverture culturelle pour les enfants dont les parents n’ont pas forcément les moyens de les inscrire dans des clubs ».
Six postes d’enseignants supprimés au lycée de Flers
Ces pertes d’heures signifient également que six postes d’enseignants vont être supprimés en lettres modernes, mathématiques et anglais au lycée général, ainsi qu’en gestion administration, biotechnologie (PSE) et lettres anglais pour le lycée professionnel. La septième classe de seconde, qui avait ouvert cette année, va également être supprimée. « Cela se joue à deux élèves », constate Maïlys Frehel. Résultat : six classes à 35 élèves.
Ces 44 heures sont supprimées alors que seuls dix élèves de moins sont attendus à la rentrée. « C’est aussi dû à la disparition de l’indice de position sociale, révèle Nathalie Le Bihan. Nous sommes dotés de la même manière que les établissements de ville, alors que nous n’accueillons pas le même public. » Pourquoi cette suppression d’indice ? « Probablement une baisse de budget… »
À La Ferté-Macé, une baisse moindre
Pour les deux lycées de La Ferté-Macé, les Andaines et Flora-Tristan, les syndicats ne notent ni création, ni suppression de postes. La dotation horaire globale est même en légère hausse dans le premier.

Le lycée professionnel Flora-Tristan de La Ferté-Macé (Orne) Ouest-France
Au lycée des Andaines, selon les chiffres syndicaux, cette dotation passe, pour le lycée général, de 449 en septembre 2020 à 451 heures cette année. Une bonne nouvelle pour ce lycée qui avait perdu une quarantaine d’heures la rentrée précédente. Le lycée professionnel passe de 209 à 208 heures.
À Flora-Tristan, « rien ne va changer à la rentrée », confirme la proviseure Véronique André. Selon les chiffres syndicaux, la dotation horaire globale de ce lycée professionnel passe de 795 heures en septembre 2020 à 768 heures.