|
« Le plus frappant, c’est le silence » : même sous la neige, Romuald Heslot s’occupe de la forêt dans l’Orne... |
2
Romuald Heslot est technicien territorial forestier de l’Office national des forêts (ONF) dans l’Orne depuis 2012. © Ouest-France
Employé de l’Office national des forêts (ONF) dans l’Orne, Romuald Heslot parcourt chaque jour la forêt d’Andaine, près de Bagnoles-de-l’Orne-Normandie. Un paysage qui change complètement quand il est habillé de son manteau blanc, comme c’est le cas, ce mercredi 7 janvier 2026.
Sa voiture blanche se fond dans le paysage hivernal. Seules les inscriptions vertes de l’Office national des forêts (ONF) ressortent nettement dans le décor enneigé. Ce mercredi 7 janvier 2026, Romuald Heslot sillonne les routes de la forêt d’Andaine, près de Bagnoles-de-l’Orne (Orne). Confortablement installé au volant, le technicien forestier territorial de 53 ans parcourt le massif dont il a la charge au quotidien.
Un épisode de froid trop court
Nous sommes cinq agents en tout pour une forêt qui compte près de 7 000 hectares »,
précise-t-il. Un vaste territoire, qu’il connaît parfaitement. Même s’il passe une grande partie de ses journées en extérieur, Romuald Heslot ne se plaint pas du froid. Je suis même content comme ça. C’est bon pour la forêt »,
assure-t-il, emmitouflé dans sa veste.
Et le froid est aussi bénéfique pour son travail. En tant qu’Établissement public à caractère industriel et commercial, disposant d’une autonomie de gestion, l’ONF doit assurer lui-même son équilibre financier. L’organisme remplit ses caisses, notamment, grâce à la vente du bois issu des forêts domaniales. Pour la forêt d’Andaine, cela représente environ 30 000 mètres cubes par an »,
explique-t-il.
Des coupes qui, en clairsemant la forêt, permettent aussi de réduire le risque d’un scénario catastrophe, comme celui connu en Gironde lors des mégafeux de 2022. À l’époque, le manque d’entretien du massif avait été avancé comme l’une des causes de l’ampleur du désastre, facilitant une propagation extrêmement rapide des flammes.

Au détour d’un chemin, un bonhomme de neige accueille les promeneurs dans la forêt d’Andaine, près de Bagnoles-de-l’Orne (Orne). Ouest-France
Mais ces dernières années, les hivers plus doux et plus pluvieux, conséquences du réchauffement climatique, compliquent fortement ces activités. On ne peut pas aller trop loin dans la forêt, parce que ça abîmerait les sols
, explique le technicien. Même les températures très basses observées ces derniers jours n’ont pas suffi. Le sol n’a pas eu le temps de geler.
En attendant de pouvoir reprendre les coupes, Romuald Heslot s’emploie à préparer les futures interventions, en marquant notamment les arbres concernés.
Entre neige, biches et rouges-gorges
Dans la forêt enneigée, l’ambiance est particulière. La nuit, quand il y a la pleine lune, on a l’impression d’être en plein jour. C’est presque féerique,
confie-t-il, le sourire aux lèvres. Mais le plus frappant, c’est le silence. Le tapis de neige étouffe tous les bruits.
Soudain, Romuald stoppe son véhicule. Là-bas, une biche »,
lance-t-il en pointant du doigt l’animal qui gambade dans un champ, à une grosse centaine de mètres. Il y en a d’autres qui la suivent : un, deux, trois, quatre…
Farouches, elles restent à distance de la route et du véhicule. D’autres animaux, en revanche, se montrent plus familiers. Quand je marche dans la forêt, les rouges-gorges m’accompagnent partout. En remuant le sol, je réduis la couche de neige et ils peuvent trouver plus facilement à manger.
Lorsque la neige recouvre le massif, la forêt attire aussi de nombreux promeneurs venus profiter du paysage. Mais elle peut rapidement devenir dangereuse. L’an dernier, une trentaine de centimètres sont tombés en 24 heures. Des branches ont cassé sous le poids de la neige et certaines routes ont dû être fermées.